Le secteur automobile a besoin d'un plan stratégique pour relever les défis de l'avenir

Guillermo Lopez     11 April 2018     4 min.
Le secteur automobile a besoin d'un plan stratégique pour relever les défis de l'avenir

Les constructeurs automobiles demandent un Plan Stratégique pour le secteur qui permette de relever les défis et de garantir la charge de travail actuelle dans les usines

« L’Espagne a besoin d’un plan stratégique pour l’automobile » qui permette de relever les défis futurs auxquels l’automobile doit faire face et de garantir la charge de travail actuelle des usines implantées dans notre pays. Telle est la demande que le nouveau président de l’ANFAC, José Vicente de los Mozos, adresse au gouvernement espagnol afin que l’industrie automobile espagnole puisse maintenir sa position sur la scène internationale face aux progrès réalisés par celle d’autres pays dans le contexte international.

L’ANFAC a proposé une feuille de route permettant d’agir sur cinq grands domaines qui posent d’importants défis pour l’avenir de l’automobile : une nouvelle fiscalité, l’amélioration de la compétitivité, des incitations à l’investissement, une mobilité durable et un trafic respectueux des villes. Cinq axes de travail fondamentaux, comme l’a indiqué De los Mozos : « si nous voulons continuer à maintenir une industrie de pointe, aujourd’hui essentielle au tissu productif et à l’économie espagnole. Notre secteur est confronté à une évolution technologique sans précédent : numérisation, connectivité, électrification, conduite autonome… Et tout cela avec des exigences environnementales accrues. Nous nous dirigeons vers un nouveau modèle de mobilité ».

C’est pourquoi, selon Mario Armero, vice-président exécutif de l’ANFAC, il est nécessaire de « mener une transition intelligente, ordonnée, planifiée et, surtout, rentable pour l’Espagne. Il est important que l’Administration nous soutienne afin que l’Espagne conserve la position de leader européen et mondial qu’elle occupe aujourd’hui en tant que constructeur de véhicules ».

Pour l’automobile, l’ANFAC propose « une nouvelle fiscalité, verte et fondée sur des critères environnementaux, davantage axée sur l’usage de la voiture que sur son achat ». Pour les constructeurs, la fiscalité actuelle est obsolète et injuste, car en Espagne l’automobile supporte « une double imposition, dans la mesure où la taxe à l’immatriculation porte sur un produit qui a déjà acquitté la TVA et, de plus, est liée aux émissions de CO2 qui vont fortement évoluer avec la future entrée en vigueur du nouveau système d’homologation des émissions WLTP ». La hausse probable des impôts à payer que cette nouvelle réglementation peut entraîner pourrait avoir des effets négatifs sur le marché et faire chuter les ventes jusqu’à 10 % selon les estimations de l’ANFAC, ce qui va à l’encontre de l’esprit de la nouvelle réglementation de la CE, dont les prévisions étaient de ne pas modifier la pression fiscale existante.

Pour faire face aux nouveaux défis, l’ANFAC plaide également pour des mesures permettant de maintenir le haut niveau de compétitivité industrielle atteint par l’industrie automobile espagnole. Des mesures qui permettraient, par exemple, d’augmenter la capacité des camions et des trains qui transportent des automobiles, de réduire les taxes payées par les automobiles dans le transport maritime, d’améliorer les liaisons ferroviaires des ports. L’application de ce type de mesures permettrait des économies de 100 millions d’euros par an sur les coûts logistiques du secteur automobile.

L’ANFAC insiste également sur la nécessité de politiques d’innovation efficaces pour maintenir et améliorer la compétitivité et la productivité du secteur, grâce à des aides à l’investissement qui replacent l’intérêt sur les processus de R&D. Il est nécessaire « d’encourager des investissements productifs, efficaces et attractifs qui permettent d’adapter et d’améliorer les processus de production vers les concepts de l’industrie 4.0 et de développer de nouveaux concepts de véhicules ».

Par ailleurs, les constructeurs insistent également sur la nécessité de unifier les politiques environnementales et de mobilité selon des critères communs et homogènes sur l’ensemble du territoire de l’État, en utilisant l’étiquetage environnemental de la DGT comme référence commune pour la conception des politiques de mobilité durable. « Une mobilité durable qui passe, en tout état de cause, par le rajeunissement du parc automobile espagnol, dont l’âge moyen dépasse actuellement 12 ans ».

L’amélioration de la mobilité et de la durabilité des grandes villes passe, selon l’ANFAC, par « l’élaboration d’un plan structurel et unique pour augmenter la pénétration sur le marché des véhicules à énergies alternatives ». En outre, les constructeurs souhaitent également promouvoir la transformation des grandes villes du pays en Green Cities, en en faisant des zones de référence pour le développement de la mobilité durable. Pour cela, il est nécessaire « d’améliorer le cadre réglementaire du gestionnaire de charge, d’encourager l’installation de bornes de recharge publiques et privées (électricité, gaz et pile à combustible) ou de permettre la circulation sur les voies BUS-VAO des véhicules portant les étiquettes CERO et ECO ». Selon l’ANFAC, avec le soutien de l’administration, la part de marché des véhicules alternatifs pourrait être multipliée par quatre.

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