SERES Seres 5 Voitures électriques Essais SUV
Essai Seres 5 2WD 299 CV 80 kW, sans crainte de l'Europe
Analyse de ce SUV de la marque chinoise SERES conçu en collaboration avec Huawei, qui offre une autonomie électrique raisonnable et un équipement de série très complet.

L’arrivée en Europe des constructeurs automobiles chinois est une réalité : certains d’entre eux sont même de véritables best-sellers face à d’autres modèles européens. Il semble que cette nouvelle ère dans l’automobile va se maintenir, et chaque mois, une nouvelle marque chinoise fait son entrée dans notre pays.
En nous penchant sur ces nouveaux lancements, nous avons essayé une voiture qui nous a agréablement surpris, tant par son design, sa qualité de finition que par son système électrique. Je parle de la Seres 5, un SUV entièrement électrique que nous avons testé dans sa version 4×2 avec une batterie de 80 kWh, offrant une autonomie réelle d’environ 400 km. Le constructeur chinois DFSK (propriétaire de la marque Seres) a créé ce Seres 5 en collaboration avec Huawei, une voiture qui mise sur la technologie comme pierre angulaire.
Design et intérieur : un extérieur soigné avec un intérieur de qualité

La Seres 5 n’est pas un modèle qui passe inaperçu, bien au contraire, partout où elle passe, elle attire les regards, en partie à cause de la méconnaissance de la marque et en partie grâce à un design qui peut rappeler d’autres modèles premium européens, mais avec des lignes qui lui sont propres et qui affirment clairement la personnalité de ce SUV.
La face avant, fluide, dispose d’énormes feux de jour LED qui dessinent sa silhouette avant, tandis que sur le côté, les plus remarquables sont les jantes géantes de 20 pouces et les poignées de portes intégrées à la carrosserie, à ouverture électrique. Lorsque le véhicule est fermé, les poignées restent intégrées à la carrosserie, et lorsque nous l’ouvrons, elles se déploient.

À l’arrière, les lignes restent fluides, avec une présence lumineuse qui souligne toute la partie arrière, particulièrement attrayante à l’ouverture et à la fermeture du véhicule. Le logo « Seres » illuminé orne le hayon électrique.
Pour terminer, il faut souligner l’énorme toit panoramique qui traverse toute la voiture, il faudrait cependant un pare-soleil intérieur pour les climats les plus chauds. Globalement, la Seres 5 a un design extérieur élégant, attrayant et doté de personnalité ; il peut rappeler d’autres modèles, mais toujours à travers des lignes qui lui sont propres.

À l’intérieur, nous découvrons un design minimaliste, avec un énorme écran de 15,6 pouces, depuis lequel on contrôle tout le véhicule (littéralement : tout le véhicule). Elle dispose en outre d’une instrumentation numérique qui, à mon goût, est bien intégrée et offre une bonne visibilité dans toutes les situations, avec des informations concises sur la batterie, la vitesse, les aides à la conduite, le multimédia, les forces G et la pression des pneus.
On remarque la sensation d’espace intérieur, tant dans les énormes places avant que dans les places arrière. Les sièges avant sont en cuir microperforé, avec fonction ventilation, chauffage et massage (un vrai plus), et lors de notre parcours habituel sur autoroute de plus de 1200 km, ils se sont révélés confortables, au toucher souple mais bien soutenant.

Les matériaux de l’habitacle sont de qualité, on ne voit pas de jointures défectueuses, et même le vide-poche des portes est habillé de tissu et de plastique souple sur les bords (ce que les marques premium européennes ont cessé de faire il y a des années). Les inserts imitent le bois, les commandes et les finitions sont correctes, et toutes les surfaces sont recouvertes de plastique souple ou d’un aspect de type cuir.

Lorsque nous accédons aux places arrière, l’absence de tunnel central améliore l’espace pour les pieds de la place centrale. Globalement, elles sont spacieuses, avec des sorties d’air et des prises USB de recharge.
Moteur et performances : 299 CV à l’âme tranquille

Selon la fiche technique de la Seres 5, le moteur électrique délivre une puissance de 299 CV pour un couple de 420 Nm, bien que cette puissance puisse sembler élevée, en pratique c’est un véhicule lourd et cela se ressent. Il propose plusieurs modes de conduite : Eco, Confort, Sport, Piste (RACE) et Personnel.
En mode économie, elle paraît paresseuse et, quelle que soit la profondeur à laquelle on enfonce la pédale, on ne ressent pas ses presque 300 CV. Elle présente en outre un frein moteur assez prononcé, ce qui ne permet pas une conduite très souple (mieux vaut le mode confort pour cela). En revanche, en mode sport ou « piste », la réponse à l’accélérateur est plus immédiate et la voiture gagne de la vitesse rapidement.
Pour résumer cette partie, j’ai été très surpris que, en mode économie, on ne puisse pas disposer ponctuellement de toute la puissance de ses chevaux : la pédale d’accélérateur ne permet pas de faire un kick-down, il faut donc en tenir compte si l’on veut soudainement davantage de force.
Comportement : souple sur route, elle tient bien dans les virages

On nous remet la clé, je me dirige vers la voiture, je l’ouvre et je m’installe. Je ne vois pas de bouton de démarrage, les grands écrans sont opérationnels et il suffit de sélectionner la vitesse pour partir. Le démarrage et l’arrêt sont l’une des particularités de cette Seres 5 : le véhicule démarre en appuyant sur la pédale de frein et s’éteint depuis l’écran (avec un message de confirmation à la manière d’un smartphone) ou en fermant le véhicule.
Dès les premiers mètres, à peine installé dans la Seres 5, la direction ne m’a pas vraiment convaincu, il est vrai qu’au fil des jours le toucher s’est amélioré. Mais je n’imaginais pas qu’en montagne, en mode sport, elle tiendrait aussi bien.

Le niveau de dynamisme surprend, sans être une sportive, elle a une agilité supérieure à celle d’autres SUV électriques de taille similaire, avec des réactions franches et un contrôle correct des inerties. Mais sa meilleure qualité, sans aucun doute, c’est son confort. On peut voyager avec elle ou rouler sur route avec un niveau de confort élevé, grâce à des suspensions plutôt souples qui absorbent bien les irrégularités de la chaussée et procurent un grand confort de roulage.
Batterie, consommation et recharge : jusqu’à 400 km d’autonomie réelle

La batterie au lithium de la Seres 5 a une capacité de 80 kWh, bien qu’une version semi-solide de plus grande capacité soit en préparation. Cette unité homologue une autonomie de 500 km, un chiffre difficile à atteindre, mais il est facile de dépasser les 400 km en conditions réelles.
D’ailleurs, pour la tester en profondeur, nous avons effectué le trajet habituel « Madrid > Nigrán > Madrid », soit un total de 1200 km sur autoroute, avec environ 50 minutes d’arrêt à chaque trajet de 600 km. La consommation sur autoroute tourne autour de 22 kWh aux 100 km, un chiffre qui peut augmenter sensiblement selon le relief du terrain.
Le régulateur de vitesse mérite une mention à part : c’est le premier que j’essaie sur un véhicule 100 % électrique et il est réellement efficace, privilégiant l’efficience à la vitesse affichée et étant le principal artisan de ces consommations sur autoroute avec des jantes de 20 pouces.

La batterie peut se recharger rapidement à 100 kW, et il faut 45 minutes pour atteindre 80 %. À noter que, bien que la puissance de charge ne soit pas exceptionnelle, elle reste stable jusqu’à 70 %, en se chargeant de façon constante à 100 kW.
La consommation sur route oscille entre 17 kWh aux 100 km et 20 kWh aux 100 km, selon la douceur avec laquelle on utilise la pédale et le parcours choisi. Avec ces chiffres, il est facile d’atteindre 400 km d’autonomie et, en étant économe, de frôler les 450 km réels.
D’après la fiche technique, la voiture intègre un chargeur de 11 kW, permettant de recharger sur les bornes publiques, de sorte qu’en moins de 8 heures la batterie sera pleine. Enfin, il faut mentionner que sa batterie permet l’usage bidirectionnel, ce qui permet d’alimenter différents appareils jusqu’à 3 kW.
Équipement : tout ce dont vous avez besoin et plus encore

La Seres 5 ne lésine pas sur l’équipement. Il n’existe pas de niveaux de finition différents, mais une finition unique qui dispose de tous types d’éléments de série. Sans surcoût, on bénéficie des sièges en cuir ventilés (et de façon énergique, d’ailleurs), du massage et du chauffage ; on trouve aussi les feux LED, les jantes de 20 pouces, le toit panoramique en verre, la double recharge sans fil pour téléphones, le head-up display et un large éventail d’aides à la conduite.
Elle intègre également de série un système audio à 11 haut-parleurs, correct, bien qu’il ait une marge de progression par rapport aux systèmes en option de la concurrence. Concernant les aides à la conduite, nous avons été surpris de voir que beaucoup d’entre elles utilisent des messages vocaux pour nous avertir, en particulier celle de l’angle mort du rétroviseur ou lorsque nous laissons le téléphone en charge dans l’habitacle. Ce n’est pas habituel qu’une voix nous indique, lorsqu’une voiture se trouve dans l’angle mort du rétroviseur, de faire attention de ce côté, mais c’est sans aucun doute efficace.

Pour finir, il faut parler de la vedette de l’équipement, c’est-à-dire son écran. L’écran de 15,6 pouces gère l’ensemble de la voiture, et quand je dis l’ensemble, c’est l’ensemble, même pour l’éteindre ou ouvrir le volet de la prise de recharge. Au début, on a du mal à s’habituer à l’écran, mais au fil des jours on s’y fait, et les autres voitures ne semblent plus aussi fonctionnelles que cette Seres 5.

Le plus, c’est que l’on peut personnaliser l’écran à notre goût, avec les raccourcis que l’on souhaite, pour avoir tout à portée de main. C’est un peu compliqué que, pour modifier la direction des aérateurs avant, il faille passer par l’écran, mais c’est un détail technologique que certains conducteurs apprécieront sûrement. Au moins, l’écran fonctionne correctement et de façon fluide.
Photos | Équipe d’essai
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