Essai du Renault Megane Bose 1.3 TCe 140 CV : la compacte généraliste qui voulait rivaliser avec les premium

Javier López    @jlopezbryan96    17 January 2020     9 min.
Essai du Renault Megane Bose 1.3 TCe 140 CV : la compacte généraliste qui voulait rivaliser avec les premium

Cette fois, nous avons pris le volant du Renault Megane Bose équipé du moteur 1.3 TCe de 140 CV et de la boîte automatique EDC à sept rapports.

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Le segment des compactes a cessé depuis longtemps d’être modeste et accessible, ce qui a fait tomber dans l’oubli ce bon rapport qualité-prix. Pourtant, certaines marques sont encore prêtes à miser sur des véhicules fidèles à la philosophie des compactes, et Renault en est un exemple évident. On peut considérer la Megane comme une référence, une voiture qui a largement mérité sa bonne réputation mais, est-elle à la hauteur de la Volkswagen Golf ou de l’Audi A3 ?

Pour répondre à cette question, nous avons décidé de cohabiter pendant une semaine avec une Renault Megane en finition Bose, associée au moteur 1.3 TCe de 140 CV et à la boîte automatique à sept vitesses. La marque française propose cette formule à ceux qui recherchent une compacte confortable, pratique et adaptée à toutes les situations, sans avoir à consentir un investissement démesuré.

Un design dans la continuité, mais bien adapté

Tout au long de son histoire, Renault s’est permis de créer des véhicules aussi extravagants et ingénieux que l’Avantime ou le Velsatis. Pourtant, malgré l’évolution de notre protagoniste, nous n’avons jamais vu ce risque ou cette imagination appliqués à celle-ci. Il faut aussi tenir compte du fait que la Megane a été conçue comme un véhicule de grande diffusion, si bien que son design doit séduire et convenir à la majorité.

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Et il faut reconnaître que les designers de la marque française ont fait un bon travail avec cette dernière génération de leur enfant chéri. À mon avis, et même si cela reste subjectif, c’est un véhicule subtil, élégant et attrayant à parts égales. Ces impressions proviennent surtout d’une imposante face avant marquée par le losange caractéristique et par deux feux avant LED en forme de « C » qui semblent l’enlacer.

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L’arrière continue de jouer avec ce langage de design imposant que Renault emploie pour concevoir ses dernières créations. Sans aucun doute, les feux arrière sont l’élément qui attire le plus l’attention grâce à leur forme allongée et élancée. Le bouclier, en revanche, se passe d’éléments superflus et se contente d’une discrète sortie d’échappement véritable, sans fioritures, ce qui est appréciable.

Un habitacle sans rien à envier aux Allemands

Je ne vais pas vous mentir : avant ma rencontre avec la Renault Megane, je me montrais un peu sceptique quant à ses qualités intérieures. Je dois maintenant reconnaître que je tire mon chapeau à la compacte française. Les ingénieurs de la maison au losange ont veillé à offrir un rapport qualité-prix franchement bon et difficile à égaler, ce que son habitacle nous démontre une fois de plus.

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Un volant au toucher agréable se charge de nous accueillir une fois installés dans le siège et, bien qu’il présente une commande latérale pour gérer les différents menus du tableau de bord, Renault continue d’utiliser une commande satellite déjà vieillissante -qui est dupliquée de modèle en modèle depuis bien trop longtemps- conçue pour contrôler la partie multimédia.

Derrière le volant, nous trouvons un tableau de bord semi-numérique qui nous fournit les informations justes et nécessaires. Sa configuration n’est pas à moitié aussi ample que celle des modèles du Groupe Volkswagen, par exemple, mais la possibilité de changer le design et ses graphismes fluides et corrects font de cet écran de sept pouces plus que suffisant.

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L’écran qui gère le système multimédia monopolise l’attention, grâce à sa configuration verticale et à ses 8,7 pouces, dimension dont nous profiterons si nous optons pour la version la plus luxueuse. Néanmoins, bien que son fonctionnement soit remarquable, certains détails ne m’ont pas totalement convaincu.

Renault a voulu adopter un style minimaliste pour l’intérieur de la dernière génération de la Megane, mais il est possible qu’il soit allé trop loin sur certains aspects. Premièrement, l’écran se passe de boutons physiques au profit de commandes intégrées dans le plastique qui l’entoure, ce qui fait que l’on ne parvient pas toujours à appuyer sur le bouton souhaité. Le problème s’aggrave du simple fait que ces commandes sont plus proches du siège du passager que du conducteur, un inconvénient, surtout lorsque l’on voyage seul.

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Un autre aspect qui ne m’a pas plu non plus est la commande de climatisation, intégrée à l’écran lui-même, qui nous oblige à quitter le menu en cours pour régler le débit d’air, par exemple. Mais, pour ne pas être trop tatillon, il faut reconnaître que, dans l’ensemble, nous trouvons de bons matériaux et des finitions plus que correctes. On le perçoit notamment sur la planche de bord ou les portières, des zones où le plastique dur a été réservé aux éléments les plus cachés, que l’on ne touchera pas souvent.

Les places arrière sont spacieuses, tant pour la tête que pour les jambes, ce qui permet à deux adultes de voyager sans problème. Cependant, la place centrale souffre de ces caractéristiques à cause du tunnel de transmission, même si je soulignerai en sa faveur un dossier tout à fait correct, tant par son inclinaison que par son rembourrage. Enfin, le coffre, qui dans cette version compacte affiche 384 litres, offre une capacité plus que suffisante pour transporter nos affaires et, bien que son seuil de chargement ne soit pas totalement plat, il sera facile d’y déposer nos bagages.

Doux et consciencieux

Mais permettez-moi de laisser de côté ces détails et de me concentrer sur l’un des aspects les plus importants de tout essai : les sensations que procure la Renault Megane lorsque l’on prend le volant. J’ai entendu de nombreux confrères faire l’éloge de la variante R.S de la compacte française, ce qui me laissait penser que ses versions plus modérées fonctionneraient très bien, une intuition que confirmait aussi le nombre d’exemplaires que l’on croise sur nos routes.

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La Megane qui m’a accompagné pendant une semaine était équipée du moteur TCe 1.3 de 140 CV et de 240 Nm de couple, des chiffres gérés par une boîte automatique EDC. Il s’agit d’un groupe motopropulseur à quatre cylindres suralimenté par turbo, capable de délivrer son couple à 1 600 tr/min et sa puissance à 5 600 tr/min, ce qui se traduit par un comportement très doux et linéaire.

Bien qu’il soit vrai que, dès les premiers tours de compte-tours, on ressent une poussée assez vigoureuse, la finesse et la subtilité deviennent rapidement les traits principaux de ce moteur. Sa sonorité est très agréable et jamais il n’envahit l’habitacle d’un bruit grossier ou gênant ; au contraire, on finit par oublier que le moteur est là.

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Ne vous méprenez pas : ce groupe motopropulseur dispose de largement assez de force pour mener la Megane avec aisance, ce qui m’amène à le considérer comme l’un des choix les plus logiques de la gamme. De plus, la boîte automatique EDC à sept rapports et double embrayage est le complément idéal de ce cœur, grâce à son fonctionnement rapide et efficace. Les passages de rapports sont imperceptibles, la conduite reste douce à tout moment et l’on ne remarque une certaine léthargie dans les rétrogradages que lorsque l’on utilise le mode manuel.

D’une manière générale, la Renault Megane est une voiture très noble et facile à conduire, grâce à son caractère docile. Cependant, une direction trop légère et peu précise rendra difficile la réalisation précise de virages serrés, même si elle est très pratique pour se garer, par exemple. Le réglage de la suspension est plutôt souple, ce qui aide à ne pas trop ressentir les imperfections de la chaussée, mais provoque certains roulis de la carrosserie dans les virages serrés.

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Néanmoins, malgré ce caractère paisible de la Renault Megane que j’ai eue sous ma responsabilité pendant une semaine, je dois saluer la mise au point du châssis. Les ingénieurs de la marque au losange ont su développer une base superbe qui laisse présager un aplomb exemplaire et une bonne rigidité, des qualités qui ressortiront sur la variante R.S grâce à une direction plus précise et à une suspension plus ferme.

Mais je vais tenter de contenir mon envie de prendre le volant de la Megane R.S et de me concentrer sur la version qui nous occupe aujourd’hui, en commençant par analyser son comportement sur autoroute. Sur ce terrain, la compacte française révèle son caractère de voiture agréable grâce à un confort surprenant. Les 140 CV et les 240 Nm de couple suffisent largement pour effectuer les dépassements avec diligence. En roulant à des vitesses légales, la consommation moyenne affichée au tableau de bord est de 6,2 litres/100 km.

En milieu urbain, la Renault Megane se distingue également positivement grâce à une bonne visibilité vers l’avant et à des dimensions tout à fait appropriées pour affronter la ville. Sa suspension souple empêche que les irrégularités de la chaussée ne se transforment en fortes vibrations dans l’habitacle et permet de rouler sans trop de soucis. La consommation dans ce contexte peut facilement grimper jusqu’à 8,5 / 9 litres.

Conclusion

Renault a réalisé un travail remarquable avec la dernière génération de la Megane, un modèle qui, bien qu’il soit déjà sur le marché depuis plusieurs années, reste intemporel. Son design extérieur n’a pour seul défaut que sa ressemblance trop marquée avec celui de ses frères de gamme, mais dans l’ensemble, on se retrouve face à une voiture moderne et équilibrée.

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Son moteur 1.3 TCe est doux et consciencieux à parts égales, ce qui en fait une option très intéressante pour ceux qui recherchent une voiture performante mais nullement radicale. Parallèlement, la boîte EDC peut être une alliée exceptionnelle si notre trajet habituel se déroule en milieu urbain, un environnement bien plus agréable grâce à des passages de rapports imperceptibles.

Avec un prix de départ de 15 548 euros, la compacte française se positionne comme un véhicule très intéressant face à ses principaux concurrents d’origine allemande, qui dépassent largement ce chiffre dans leurs variantes les plus modestes. Pour l’exemplaire d’essai, le montant de la facture s’élève à 22 943 euros en raison de la finition Bose et de son équipement, un chiffre qui, à mon avis, reste très compétitif.

Fiche technique de cette voiture


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