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Citroën AMI : nous avons testé la voiture électrique à 7 000 euros
La Citroën AMI se veut une alternative de mobilité urbaine aux trottinettes électriques, aux vélos ou aux scooters. Nous vous racontons ce que nous en avons pensé.

En mars 2021, la Citroën AMI sera disponible sur notre marché et vous pouvez déjà la réserver sur le site de la marque. Le prix commence à 7 000 euros, et la commercialisation se fera exclusivement en ligne. Pour cela, Citroën a conclu des accords avec Fnac. Vous pourrez acheter la voiture et la faire livrer à domicile (avec un supplément d’environ 200 euros), ou aller la récupérer chez un concessionnaire. En France, par exemple, les premières données indiquent que deux clients sur trois qui achètent une AMI choisissent la livraison à domicile.
Nous l’avons déjà conduite, et nous pouvons vous dire ce que nous en avons pensé de cette « micro-voiture » électrique.
Un quadricycle léger à conduire sans permis
Avant de commencer, il faut faire une précision : la Citroën AMI n’est pas homologuée comme voiture ou automobile, c’est un quadricycle léger. Ce qu’on appelle populairement « voitures sans permis », bien qu’en réalité il faille le permis AM cyclomoteur, qui peut s’obtenir dès 15 ans. Cela implique une série de limitations. Par exemple, la vitesse maximale est limitée à 45 km/h, et il est interdit de circuler avec l’AMI sur l’autoroute ou la voie rapide.
Il faut bien garder cela à l’esprit si vous envisagez l’AMI comme une solution de mobilité alternative à une trottinette électrique ou à un scooter. Car c’est en réalité ce qu’est l’AMI : un véhicule à usage exclusivement urbain ou rural, qui peut résoudre les problèmes de mobilité de ceux qui n’ont pas accès au permis de conduire ou ne peuvent pas l’obtenir.

Ses alternatives à quatre roues sont donc la Renault Twizy ou l’eAixam. À titre de repère, la Twizy démarre à 11 855 euros. Elle est aussi originale que l’AMI, voire plus, par son design, mais elle ressemble davantage à une « moto » à quatre roues avec un toit qu’à une voiture carrossée. L’eAixam est « plus voiture » que l’AMI en termes de construction, de sensation au volant, d’équipements de sécurité et de confort… mais elle est aussi plus chère : elle est disponible à partir de 15 499 euros.
Les principales caractéristiques de la Citroën AMI
Le terme « micro-voiture » est justifié : l’AMI mesure à peine 2,4 mètres de long et 1,4 mètre de large. Pour se faire une idée, elle est presque 30 cm plus courte et plus étroite qu’une Smart fortwo, qui, elle, est homologuée comme une voiture « à part entière ». Cela signifie que l’AMI occupe moins d’une demi-place de garage : deux AMI peuvent tenir dans l’espace où vous garerez un SUV compact.
La construction de l’AMI est un peu particulière. Elle repose sur une structure tubulaire en acier sur laquelle sont montés la carrosserie en polycarbonate et sur laquelle sont fixés les suspensions et le moteur. La conception est symétrique, ce qui permet d’économiser sur le nombre de pièces et de simplifier (et donc de réduire le coût) la fabrication.
Il n’y a ici ni structures à déformation programmée ni dispositifs de sécurité et d’isolation comme ceux des voitures classiques. Même les tubes du châssis restent visibles une fois installé à l’intérieur. En revanche, l’AMI dispose de suspensions comparables à celles d’une citadine, avec un essieu McPherson à l’avant et un essieu à torsion à l’arrière. Le petit moteur électrique de 6 kW (8,2 CV), soit le maximum admis pour l’homologation en quadricycle, transmet la puissance aux roues avant. Les jantes font toujours 14 pouces, avec des pneus 155/65.

Avec un poids total de 470 kg, l’AMI accélère étonnamment bien compte tenu de la faible puissance du moteur : de 0 à 100 km/h en 10 secondes. Nous le verrons plus loin, cela permet une grande agilité au démarrage à chaque arrêt en ville. Cette agilité disparaît dès que la circulation est fluide, la vitesse maximale étant limitée à 45 km/h.
Sous les sièges se trouve la batterie, d’une capacité de 5,5 kWh. Elle se recharge en trois heures environ sur une prise domestique, à l’aide du câble rangé dans la portière du passager. L’autonomie homologuée selon le cycle applicable à ce type de véhicule est de 70 km. En option, il est possible d’acquérir un câble pour les bornes de recharge publiques.
Design asymétrique et personnalisation « maison »
Son design symétrique est l’un des traits qui retiennent le plus l’attention sur la Citroën AMI. Entre sa petite taille et son originalité, elle impressionne et fait tourner les têtes sur son passage. Cette symétrie fait que, vue de loin, il est difficile de savoir si elle « va » ou si elle « vient » : à part la couleur des feux, elle est identique vue de face ou de dos.
La symétrie, nous l’avons dit, répond avant tout non à l’originalité mais à la réduction des coûts, en diminuant considérablement le nombre de panneaux et de pièces. Même le fait que la portière du conducteur s’ouvre dans le sens inverse de la marche et que celle du passager s’ouvre de façon classique répond à cette économie : ainsi, les portières sont identiques.

Autre caractéristique qui rend la Citroën AMI spéciale : son concept de personnalisation, avec une série de kits d’éléments que vous pouvez récupérer chez le concessionnaire et installer vous-même. Il existe quatre kits qui, littéralement, s’emportent chez vous dans une boîte, nommés My AMI Grey, Blue, Orange ou Kakhi. Ils comprennent des stickers, des tapis, mais aussi des vide-poches à fixer sur le tableau de bord, ou le boîtier appelé DAT@MI, qui permet d’utiliser votre téléphone portable comme centre multimédia.
À ces quatre ambiances intérieures s’ajoutent deux packs de personnalisation extérieure qui doivent, eux, être installés par des spécialistes. Il s’agit du My AMI Pop, à l’esprit sportif, avec des touches orange et un becquet arrière ; et du My AMI Vibe, qui recherche l’élégance avec des couleurs grises et des enjoliveurs sur le toit. Ces packs sont onéreux par rapport au prix de la voiture : entre 900 et environ 1 200 euros.
La Citroën AMI à l’intérieur : impossible de faire plus simple
À l’intérieur, deux choses attirent rapidement l’attention : la luminosité, due à la grande surface vitrée, et la simplicité qui règne dans un habitacle plus spacieux qu’on ne pourrait l’imaginer au vu de sa taille extérieure. Il y a deux sièges, placés côte à côte (dans la Twizy, le passager se place derrière le conducteur), même s’ils se chevauchent légèrement.

Le siège du conducteur peut être déplacé pour trouver la meilleure position possible au volant, mais celui du passager est fixé à la carrosserie. Si le conducteur doit se rapprocher ou s’éloigner du volant, le passager se retrouvera plus en retrait par rapport à lui. Il n’y a pas de problème d’espace, ni en hauteur ni pour les jambes. Et bien que ce soit une voiture pensée pour les trajets urbains (et courts), un espace a été prévu devant les jambes du passager, où l’on peut placer une valise de cabine. De plus, on peut emporter un sac supplémentaire dans la zone située derrière les deux sièges.
Plusieurs détails donnent une idée de la simplicité de l’AMI à l’intérieur, au point de rappeler, toutes proportions gardées, une voiturette de jouet ou un chariot de golf. Par exemple, les sangles en tissu pour ouvrir les portières, l’absence quasi totale de commandes, de boutons ou de garnitures, les sièges rigides avec un revêtement minimal, ou les vitres à l’image de la Citroën 2CV. Ces dernières ne se baissent pas : seule la moitié inférieure peut basculer vers le haut.

Cette simplicité se retrouve dans la conduite, et c’est là qu’on commence à comprendre que la Citroën AMI, comme le dit bien la marque, n’est PAS une voiture. Ne disposant pas de certains équipements, elle ne peut pas avoir d’airbags ni de climatisation. Il n’y a pas non plus de pare-soleil ni de rétroviseur intérieur, même si une option semble devoir être proposée ultérieurement.
Votre téléphone sert de système multimédia
Il n’existe même pas de préinstallation pour la radio. Le système « multimédia » est votre propre téléphone, que vous pouvez fixer sur un support à pince et connecter à un port USB via le DAT@MI mentionné, vendu séparément. Le haut-parleur est portable, de forme cylindrique pour se loger dans un espace situé derrière le volant, et se connecte au téléphone en bluetooth. Ce n’est pas une mauvaise alternative.
En revanche, tout ce qui concerne le confort est négatif. Des sièges durs à l’impossibilité de régler le débit d’air du système de chauffage, qui ne dispose que d’un bouton marche/arrêt. L’air chaud sort au niveau des pieds et vers le pare-brise (il n’y a pas de sorties sur le tableau de bord), avec un bourdonnement très intense et gênant.

Nous n’avons pas conduit l’AMI par temps chaud. Mais nous pouvons déjà anticiper que cela peut être un « enfer », avec autant de surface vitrée, sans possibilité de climatisation et même sans pouvoir baisser les vitres. Le chauffage peut suffire en hiver pour ne pas avoir froid, comme on le ressentirait sur un scooter ou, pour rester dans le même registre, sur les versions de la Renault Twizy sans portières latérales. Mais il ne suffit pas pour dissiper la buée qui se forme sur la partie du pare-brise éloignée de la sortie d’air du tableau de bord. Ni sur les vitres elles-mêmes, et encore moins sur les rétroviseurs extérieurs, à réglage manuel et au design purement scooter.
Cela peut être un gros inconvénient en hiver pour la visibilité et le confort de conduite : soit on met le chauffage, dont on a dit qu’on ne peut pas régler l’intensité et qui est très bruyant, soit on roule avec les vitres « à moitié » ouvertes, c’est le cas de le dire, car on ne peut pas les ouvrir complètement.
Au volant de la Citroën AMI
La simplicité de l’AMI se retrouve dans l’instrumentation et les commandes. L’écran d’instrumentation est très petit, monochrome, et ne vous informe que de l’essentiel : vitesse, niveau de charge de la batterie (avec une icône semblable à celle d’un téléphone portable, mais sans afficher de pourcentage), autonomie restante et kilomètres parcourus.
Il n’y a pas de levier de vitesses : les positions D et R se sélectionnent par des boutons à gauche du siège conducteur. Sur la console se trouvent les boutons des feux de détresse et de l’activation du chauffage.

Conduire la Citroën AMI en ville, comme Madrid, ou plus généralement n’importe quel quadricycle, peut être une expérience très stressante pour qui n’a jamais conduit ce type de véhicule et ne sait pas ce que cela implique. La limitation à 45 km/h (on reste « bloqué » à cette vitesse même en descente) vous donne le sentiment d’être un obstacle partout où il n’y a pas de ruelles ou de voies étroites à sens unique.
La circulation sur les axes plus larges suit un autre rythme, inaccessible à l’AMI, qui semble même s’effrayer lorsqu’un bus arrive par l’arrière. En revanche, dans les petites rues, ou même pour démarrer en premier aux feux, l’AMI fait preuve d’une agilité surprenante.
Elle a un diamètre de braquage d’un peu plus de 7 mètres, ce qui rend les manœuvres faciles, même sans direction assistée. Le frein moteur, en relâchant l’accélérateur, évite de recourir aux freins dans de nombreuses situations ; si vous devez freiner sur sol mouillé, prudence lors d’un freinage d’urgence ou face à un imprévu, même à la faible vitesse que peut atteindre l’AMI, car il n’y a pas de système ABS.
https://youtu.be/nHMa7K-h_fI
En roulant, tout ce qui est positif dans l’AMI s’amplifie : elle semble de plus en plus agile et facile à conduire. Mais aussi le négatif. La suspension est très ferme, ce qui se ressent particulièrement à cause du faible rembourrage des sièges. Et le bruit intérieur n’est pas celui qu’on attendrait d’une voiture électrique, au point que vous pouvez percevoir plus de bruit que dans une voiture à moteur thermique. Comme il n’existe aucune isolation acoustique, on perçoit autant le bruit de roulement des pneus sur l’asphalte que celui des voitures qui circulent autour.
Pour l’usage auquel l’AMI est destinée, les 70 km d’autonomie annoncés peuvent suffire. Nous n’avons pas pu vérifier ce chiffre — nous avons parcouru environ 20 km —, mais elle dépassera facilement les 50 km dans tous les cas, car la consommation est très faible. Largement suffisant pour l’usage auquel est destiné un véhicule — pardon, un quadricycle — qui veut bousculer bien des codes.

Parmi eux, celui de la manière de l’acheter… et de l’utiliser. Citroën propose déjà en France la possibilité de la louer avec un apport à partir d’environ 2 700 euros et un loyer de 20 euros par mois. Et avec le service Free2Move, les abonnés, qui paient une cotisation d’environ 10 euros par mois, peuvent conduire une AMI pour des périodes allant jusqu’à 0,26 euro la minute.
Galerie d’images de la Citroën AMI
Fiche technique de cette voiture
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