Essai Peugeot 508 1.6 BlueHDi Allure, routier infatigable

Daniel Valdivielso    @valdi92    31 December 2015     11 min.
Essai Peugeot 508 1.6 BlueHDi Allure, routier infatigable

DSC_0868 copia

L’année touche à sa fin, les fêtes de Noël font des leurs, et avec elles l’une des grandes « traditions » : les voyages.

Nombreuses sont les familles qui se retrouvent à Noël après avoir parcouru de longues distances sur la route, et c’est pourquoi chez Highmotor nous vous proposons l’essai de l’une des berlines routières par excellence, la Peugeot 508, dans sa version 1.6 BlueHDi Allure.

La Peugeot 508 est l’une des berlines moyennes par excellence. Classée dans le segment D, elle a pour rivales des poids lourds comme la Volkswagen Passat, la Ford Mondeo, la Citroën C5 ou la Mazda 6, entre autres. Il s’agit donc d’un segment qui, s’il ne connaît pas des volumes de ventes très élevés, est en revanche très disputé, avec « peu de gâteau pour beaucoup de convives ».

La 508 dispose déjà d’une longue expérience : c’est un modèle chevronné, qui a vu le jour début 2011 avec la double mission de remplacer à la fois la 407 et la 607, en regroupant ces deux modèles dans un véhicule à l’orientation un peu plus premium, sans avoir à changer de segment. Début 2015, elle a subi un restylage qui a amélioré son attrait tant extérieur qu’intérieur, en intégrant davantage d’équipements et en modernisant la gamme de moteurs.

Design extérieur

La 508 arbore des lignes relativement sobres, sans traits étranges, ce qui fait que l’allure générale de la berline française vieillit plus lentement que d’autres modèles. La face avant est la partie qui a subi le plus de modifications avec le restylage, se rapprochant désormais plus que jamais d’autres modèles de la marque comme la 308 ou la 208.

DSC_0855 copia

La calandre avant -flottante- comporte le logo de la marque ainsi qu’un petit écusson portant la mention « BlueHDi », en référence à la motorisation. Les optiques, qui sur cette version bénéficient de la technologie Full LED, ont vu leur forme modifiée et sont désormais un peu plus petites. En partie basse du pare-chocs, on trouve une signature lumineuse en angle qui assure les fonctions de feux de jour et de clignotants, également en LED, ainsi que les antibrouillards aux extrémités, eux aussi en technologie LED.

Le profil présente une silhouette très traditionnelle, dans le style des berlines classiques du segment.La descente du toit n’est pas très marquée à aucun moment, avec des lignes douces qui ne deviennent jamais brusques ou « tendues ». La surface vitrée est dans la moyenne du segment ; à aucun moment on ne ressent un effet de « trop de tôle », que ce soit depuis l’intérieur ou depuis l’extérieur. Les vitres sont d’une seule pièce sur les portes arrière -elles ne descendent pas complètement-, tandis qu’aux portes avant on trouve une petite vitre triangulaire, tentante pour les amateurs de biens d’autrui.

DSC_0858 copia

D’ailleurs, petite précision : votre humble serviteur tient à s’excuser auprès des lecteurs, car sur certaines des photographies qui illustrent cet essai, on peut voir un morceau de carton sur la porte du conducteur. Ce véhicule a fait l’objet d’un vol pendant la semaine d’essais. Les « voleurs » ont brisé la petite vitre de la porte avant, sont entrés et ont emporté le contenu du coffre après avoir rabattu les dossiers de la deuxième rangée de sièges. Heureusement, il n’y a eu aucun dommage corporel.

Mais poursuivons l’analyse de la carrosserie de la 508. Les jantes en alliage dans cette finition font 17 pouces, pouvant atteindre 18″ sur d’autres finitions comme la GT Line. La conception de ce modèle fait qu’il n’est pas nécessaire de recourir à des jantes exceptionnellement grandes pour « remplir » les passages de roue, ce qui est en revanche indispensable sur des modèles comme l’Opel Insignia ou la Ford Mondeo.

DSC_0848 copia

À l’arrière, les changements sont peu évidents, se limitant à des groupes optiques rénovés, avec un éclairage LED pour les feux de position et de stop, ainsi qu’une signature lumineuse plus personnalisée, similaire à celle des modèles les plus récents de la marque au lion comme la 308 et la 208. Selon la motorisation, les sorties d’échappement sont intégrées dans la partie inférieure du pare-chocs. Sur cette unité, elles sont dissimulées.

Design intérieur

En ce qui concerne l’habitacle, la 508 offre une ambiance attrayante et suffisante pour la très grande majorité des acheteurs potentiels de ce véhicule. Le design de la planche de bord est séduisant, avec des lignes droites et sobres qui confèrent au tout une impression de sérieux. La qualité de finition est dans la moyenne du segment.

DSC_0931 copia

Peugeot a utilisé des plastiques capitonnés pour la majeure partie de la planche de bord ; seules les zones basses et la console centrale sont en matériau dur. Les moulures décoratives couleur métal ne manquent pas, tout comme les finitions en plastique laqué noir pour la console centrale et l’entourage de la climatisation et de l’autoradio.

Les assemblages sont pour la plupart corrects, même si l’on peut percevoir quelques bruits en appuyant avec les doigts sur certaines surfaces, ainsi qu’une sensation trop « lâche » des molettes de la radio et de la climatisation. On regrette l’absence de rangements supplémentaires à l’avant. On ne trouve qu’un seul espace de rangement derrière le levier de vitesses, et un autre sous l’accoudoir central, trop reculé et à ouverture latérale. Sans aucun doute, un point à améliorer.

DSC_0889 copia

La instrumentation est suffisante, et même plus généreuse que chez d’autres rivales. Elle comprend deux grands cadrans -compte-tours et compteur de vitesse- et trois plus petits situés en partie haute, qui indiquent le niveau de carburant et les températures d’huile et de liquide de refroidissement. L’écran central n’est pas en reste, avec les données de l’ordinateur de bord, la radio et le GPS. De plus, en partie haute de la planche de bord, la 508 dispose d’un petit Head-Up Display qui affiche la vitesse, le régulateur de vitesse et les indications du GPS, projetées sur une lame de polycarbonate teintée sombre. Un détail très utile et très apprécié.

L’insonorisation est acceptable pour une berline de ce segment, même s’il est vrai que certains modèles de marques concurrentes isolent davantage les bruits de roulement et aérodynamiques, comme la Ford Mondeo ou la Volkswagen Passat.

DSC_0923 copia

L’espace est plus que suffisant tant aux places avant qu’à la rangée arrière, avec une largeur et une hauteur très généreuses. En largeur, il n’y a pas de problème à la deuxième rangée, même si l’espace réservé aux pieds présente une petite bosse. Le coffre offre une capacité de 473 litres, extensible en rabattant les dossiers selon une proportion 2:3.


DSC_0895 copia

Il est temps de prendre le volant de cette majestueuse berline d’origine française. L’unité qui nous a été confiée par la marque est équipée du moteur d’entrée de gamme diesel, un 1.6 HDi à quatre cylindres avec suralimentation par turbo et intercooler. Il est monté en position avant transversale et délivre 120 CV et 300 Nm.

Il s’agit d’une « réévolution » du très connu 1.6 HDi du groupe PSA, si populaire, qui a été -et est toujours- monté sur de nombreux modèles, tant chez Citroën que chez Peugeot. Ce n’est pas le moteur le plus moderne du monde (culasse à 8 soupapes, un seul arbre à cames), mais le résultat est plus que correct grâce aux nouveaux réglages que le constructeur lui a appliqués pour lui permettre d’appartenir à la nouvelle famille BlueHDi.
Il est associé à une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports, mais en option il peut être équipé d’une transmission automatique à convertisseur de couple, également à 6 rapports.

DSC_0877 copia

Au démarrage du moteur, on ressent quelques vibrations, surtout au niveau du levier et des pédales. Ce n’est pas extrêmement gênant, mais cela attire l’attention dans certaines situations. La sonorité en revanche est discrète, sauf en cas de sollicitation maximale de la mécanique, où l’on perçoit une certaine rugosité à haut régime.

Cette Peugeot pèse 1485 kg et ses rapports de boîte sont longs. Le résultat est évident en matière de performances : elles ne sont pas brillantes. Avec une accélération de 0 à 100 km/h en 11 secondes, sa vitesse maximale est de 202 km/h. Ce défaut est en partie atténué par l’élasticité remarquable du moteur, capable de pousser avec détermination dès un peu plus de 1400 tr/min, même si le couple maximal est atteint à 1750 tr/min.

Une fois en mouvement, la 508 répond bien aux sollicitations de l’accélérateur. Rouler dans le bon régime est essentiel pour se déplacer avec agilité dans la circulation. En ville, elle montre son côté le moins favorable, en raison de rapports trop longs, d’une boîte à la prise farouche (typique de PSA) et d’un rayon de braquage trop important, ce qui nous oblige à effectuer quelques manœuvres supplémentaires par rapport à d’autres modèles concurrents. En milieu urbain, la consommation oscille entre 6 et 7 litres selon la congestion.

DSC_0941 copia

En revanche, la 508 se montre très à l’aise sur les voies rapides et dégagées, où elle est capable de maintenir des vitesses de croisière de 120-130 km/h sans effort, avec un bruit très contenu et des consommations qui, pour peu que l’on s’y attache, seront excellentes. Si l’on doit effectuer des dépassements (par exemple sur les routes nationales), il sera préférable de rétrograder d’au moins un rapport. Sur les routes nationales, la consommation tourne autour de 4,2-4,4 litres, tandis que sur les voies rapides elle frôlera les 5 litres si l’on conduit normalement.

La tenue de route de la 508, lorsque l’on souhaite une conduite dynamique, est assez réussie. Les techniciens de Peugeot ont su régler la berline pour lui conférer un dynamisme très agréable pour une berline de caractère tranquille et routier. Le schéma de suspension, avec essieu McPherson à l’avant et train arrière à parallélogramme déformable, dispose d’amortisseurs conventionnels, sans aucune aide électronique. Ils offrent un bon niveau de confort tout en maîtrisant les mouvements de caisse. La direction, à assistance électrohydraulique, se montre plus ferme à basse vitesse que celle de ses rivaux, mais en revanche son toucher à haute vitesse est meilleur. Les freins sont efficaces, sans pour autant être exceptionnels.

DSC_0833 copia

La visibilité est bonne tant vers l’avant que vers l’arrière, grâce notamment à des rétroviseurs extérieurs de belle taille. La lunette arrière, en raison de son inclinaison, n’offre pas une grande ouverture visuelle. La nuit, les feux Full LED offrent un bon éclairage, surtout avec les feux de route activés, qui sur ce modèle s’enclenchent automatiquement, commandés par une caméra placée derrière le rétroviseur intérieur. Ils passent rapidement des feux de croisement aux feux de route, même si, de temps à autre, ils ne détectent pas un conducteur, ce qui nous vaut un appel de phare d’avertissement. On remarque la large bordure violacée que laissent les feux, qui font par exemple resplendir les panneaux lointains dans des tons bleus et violets.


DSC_0775 copia

Combien coûte l’unité que vous voyez ?

Pour mettre les prix en perspective, nous souhaitons que vous sachiez exactement combien coûte l’unité que vous voyez sur les photographies. Dans ce cas, comme nous l’avons déjà mentionné, il s’agit d’une 1.6 BlueHDi avec la deuxième finition la plus chère de la gamme (Allure) et quelques options supplémentaires pour parfaire l’ensemble.

À partir d’un prix de base de 28 470 €, la première option est la peinture métallisée, dénommée « Azul Bourrasque », avec une majoration de 481,11 €. À l’extérieur, s’ajoutent aussi les feux Full LED, avec un surcoût de 866,01 €. À l’intérieur, la seule option disponible est le Pack City (529,23 €), qui comprend la détection d’obstacles avant et arrière, la caméra de recul et la surveillance d’angle mort dans les rétroviseurs extérieurs. Au total, l’addition s’élève à 30 346,35 €, tous impôts compris, mais sans les éventuelles remises.

Gamme et équipements

La gamme de la 508 se décline en cinq finitions différentes ; le premier échelon est la finition dite Access, à 24 270 €. Elle comprend des éléments tels que six airbags, l’ESP, la climatisation, des rétroviseurs thermiques et électriques, quatre lève-vitres électriques, le régulateur de vitesse, un volant multifonction en cuir et une prise USB.

La finition suivante, appelée Active, part de 25 870 € et ajoute des équipements tels que la climatisation bizone, les feux de jour LED ou les jantes en alliage. Comme finition haut de gamme, on trouve l’Allure (28 470 €) dont nous avons déjà parlé.

DSC_0892 copia

Comme finition la plus haut de gamme, la version GT Line, dont le prix démarre à 30 070 €, ajoute des éléments tels que le Pack City, l’éclairage Full LED, des jantes de 18″ ou des vitres et une lunette arrière teintées. Il convient de souligner qu’au-dessus se trouve la variante GT, uniquement disponible avec le moteur 2.0 BlueHDi de 180 CV associé à la boîte automatique à 6 rapports. Elle part de 37 070 €.

Photographie | Daniel Valdivielso


Deja un comentario