Histoire de la Porsche 911, partie 2 : la Série G. Se réinventer pour triompher

Miguel Lorente     1 December 2018     7 min.
Histoire de la Porsche 911, partie 2 : la Série G. Se réinventer pour triompher

Le prestige de l’histoire de la Porsche 911 a demandé des efforts ; une fois la renommée acquise, il fallait la consolider avec la Série G

En 1973, un chapitre de l’histoire de la Porsche 911 s’est refermé et un autre s’est ouvert, sans doute plus difficile encore, car, grâce à une renommée qui ne cessait de croître, la deuxième génération de la « neuf-onze » avait la lourde tâche d’améliorer l’existant et de corriger ses lacunes.
Ainsi, la Porsche 911 Série G a fait ses débuts avec la variante 911 2.7 Targa, un cabriolet qui avait marqué un avant et un après et qui, grâce à son moteur de 150 CV, permettait à cette sportive à toit ouvert d’atteindre 210 km/h.

Cette Porsche 911 modèle G se distinguait par l’intégration de nouvelles exigences et mesures de sécurité : des pare-chocs externes capables d’absorber les chocs grâce à une compression pouvant atteindre 50 mm, jusqu’aux sièges avec appuie-tête intégrés ou aux ceintures de sécurité à trois points d’ancrage.

La Porsche 911 S 2.7 Coupé est apparue pour répondre aux attentes de ceux qui, outre une sportive spectaculaire, voulaient profiter de sa conduite. Son moteur de 2 700 cm³ développait donc 175 CV et atteignait une vitesse maximale de 225 km/h.

1974 Porsche 911 Carrera Coupé, G-Serie 2.7

Par ailleurs, la gamme de cette première phase de l’histoire de la Porsche 911 Série G s’est complétée avec la 911 Carrera 2.7 Coupé, dont l’aileron « queue de canard » rappelait la brutale Porsche 911 Carrera RS 2.7 qui a conclu la première génération de la Porsche 911.

Histoire de la Porsche 911, une évolution constante

Vient ensuite la première évolution mécanique : la Porsche 911 adopte le turbo. C’est à la fin de 1973, au Salon de l’automobile de Francfort, que la Porsche 911 Turbo Prototyp fait son apparition ; pour un impact plus fort, elle arbore la face avant de ce qui deviendrait la Porsche 911 Carrera RS 3.0, ainsi qu’un aileron qui, outre sa fonction aérodynamique, servait aussi au refroidissement.

En 1974 sort la Porsche 911 Carrera RS 3.0 qui, outre une puissance pouvant atteindre 230 CV, réduisait son poids à 1 060 kg. Avec seulement 56 exemplaires fabriqués, c’est l’une des versions les plus recherchées et exclusives jamais produites. Cette même année, aux États-Unis, la légendaire écurie Brumos Porsche remporta avec l’un de ces joyaux le classement général du Trans-Am et de l’IMSA GT.

En compétition également, le département course de Porsche travaillait sur une arme définitive pour les circuits, dont le nom reprenait celui du prototype qui ouvrirait l’ère turbo ainsi que les initiales les plus extrêmes pour une 911 de course : RSR. Ainsi, la Porsche 911 Carrera RSR Turbo 2.1 fut le véhicule destiné à porter la marque au sommet des podiums. Dotée d’un moteur de 2,1 litre développant 500 CV, elle fut la première voiture de course du constructeur à disposer d’un turbo et d’un intercooler.

1974 Porsche 911 Carrera RSR Turbo 2.1

1974 fut aussi l’anniversaire de la marque : elle célébrait les 25 ans de la création de Porsche, et, pour l’occasion, une série exclusive fut produite, la Porsche 911 Sondermodell 25 Jahre Porsche, déclinée sur les versions 911, 911 S et 911 Carrera. Elle se distinguait par ses sièges et ses garnitures en cuir bleu et noir. Seules 400 unités furent réalisées.

En 1975 apparaît le nouveau moteur de trois litres sur la Porsche 911 Carrera 3.0 Targa, qui délivrait 200 CV et un couple supérieur. Il équipa aussi la Porsche 911 Carrera coupé. Au printemps de la même année arrive la Porsche 911 Turbo 3.0, un modèle qui deviendrait la vedette de la gamme grâce à son moteur de 260 CV permettant une vitesse maximale de 250 km/h. Cette variante disposait en outre d’un châssis entièrement nouveau et d’un aileron plat favorisant le refroidissement. En 1976, le ventilateur à 11 pales fut remplacé par un modèle à 5 pales tournant à plus haut régime, et les jantes passèrent à 16 pouces.

1975 Porsche 911 Turbo 3.0

C’est en 1976 que le rétroviseur côté passager devint de série, un autre élément de sécurité introduit par la Porsche 911 Série G. Dès lors, outre la boîte de vitesses de série à 4 rapports, on proposait une boîte à 5 rapports et la Sportmatic.

En compétition, c’est l’année de la Porsche 935, une voiture de course dotée d’un moteur 2.8 capable de produire 590 CV.

En 1977 apparaît la version SC, une variante aux passages de roue arrière plus larges, comme ceux de la Carrera. En 1978, seules deux variantes furent commercialisées : la Porsche 911 SC de 180 CV et la Porsche 911 Turbo 3.3. Cette nouvelle évolution disposait d’un moteur de 3 300 cm³ et d’une puissance de 300 CV.

En 1978, la Porsche 911 Carrera 3.0 pilotée par Jean-Pierre Nicolas remporta la victoire au très exigeant Rallye de Monte-Carlo, tandis que deux Porsche 911 SC Coupé participaient au East African Safari Rallye, sur 5 000 km, et terminaient respectivement deuxième et quatrième du classement général. Sur circuit, l’arrivée de l’imposante Porsche 935/78 « Moby Dick » éclipsa tous les autres modèles.

Un hommage fut rendu en 1979 au centre d’essais du constructeur. Ce qui, à terme, deviendrait bien plus qu’une simple appellation supplémentaire dans l’histoire de la Porsche 911 et d’autres modèles de la marque : c’est ainsi qu’est née l’édition spéciale Porsche 911 SC Weissach.

L’histoire de la Porsche 911 dans les années 80

Les années 80 apportent de nouveautés : le moteur 930/60 de la Porsche 911 Turbo 3.3, de 300 CV à 5 500 tr/min, arbore désormais une double sortie d’échappement. En 1981 est présenté le prototype Studie 911 Turbo 3.3 4×4 Cabriolet, qui préfigure ce qui deviendrait la version à transmission intégrale et décapotable du modèle turbocompressé.

En 1982 apparaît la spectaculaire Porsche 911 Turbo 3.3 Coupé Flachbau, un modèle qui modifie la face avant en intégrant, dans un premier temps, les optiques dans le pare-chocs et qui, cinq ans plus tard, seront repositionnées sur le capot en devenant escamotables.

À partir du printemps 1983, le monde découvre une nouvelle version, le cabriolet, grâce à la Porsche 911 SC Cabriolet. Une nouvelle façon de rouler toit ouvert, sans l’arceau de la version Targa.

1983 Porsche 911 Carrera S Cabriolet, G-Serie, 3.0

À l’automne de la même année, ce modèle fut remplacé par la Porsche 911 Carrera 3.2 Cabriolet qui, outre le toit coulissant, arborait l’aileron plat de la version Turbo. Cette voiture disposait d’un bloc de 3 200 cm³ développant 231 CV, et intégrait un nouveau système électronique de gestion du moteur qui réduisait la consommation de carburant.

Cela n’entraîna pas la disparition de la version Targa : la Porsche 911 Carrera 3.2 Targa, avec le bloc 3.2, figure d’ailleurs parmi les versions les plus appréciées de tous les temps.

Dérivée du modèle de série, la Porsche Carrera 3.2 4×4 fut engagée dans l’exigeant Rallye Paris-Dakar. Également en rallye, la Porsche 911 SC/RS fut choisie pour défendre la marque dans la catégorie des voitures du groupe B ; avec seulement 20 exemplaires construits, son moteur développait 250 CV, et son agilité ainsi que sa puissance la rendaient aussi spectaculaire qu’efficace.

En 1985, le président du conseil d’administration de Porsche, Peter W. Schutz, reçut le véhicule qu’il avait spécialement commandé : une Porsche 911 Carrera 3.2 Speedster Turbolook , qui fit ainsi apparaître une nouvelle variante à toit ouvert.

La nouvelle boîte de vitesses G50 entra dans l’histoire de la Porsche 911 Série G en 1986 : une version renforcée, dotée d’un système de synchronisation plus maniable et plus efficace. Cette année-là, la Porsche 911 Carrera 3.2 Cabriolet reçut une capote électrique dont les mécanismes d’ouverture et de fermeture pouvaient également être verrouillés ou déverrouillés électroniquement.

L’année 1987 fut marquée par un chiffre record : la Porsche 911 atteignit 250 000 unités produites. Pour le commémorer, 875 exemplaires de la Porsche 911 Carrera 3.2 Sondermodell 250.000 furent fabriqués, avec une peinture « Silver Diamond » et un habitacle en cuir, ainsi qu’une plaque commémorative à l’intérieur.

En 1989, l’héritage de la Porsche 356 Speedster pèse sur la production en série de la Porsche 911 Carrera 3.2 Speedster Turbolook, un cabriolet dont seules 2 103 unités furent fabriquées.

1989 Porsche 911 Carrera Sspeedster turbolook

On commercialisa également la Porsche 911 Carrera 3.2 Speedster, une variante étroite encore plus exclusive, puisque seules 171 voitures furent produites, mettant ainsi fin à un autre chapitre de l’histoire de la Porsche 911, la Série G, cette deuxième génération de la « neuf-onze ».

L’histoire de la Porsche 911

-Partie 1 : Retour sur une saga insurpassable

 

Fiche technique de cette voiture

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