Essai de la Ford Mustang Fastback GT 5.0 V8 421 CV, le dernier américain
Voici notre essai de la Ford Mustang Fastback GT 5.0 V8 421 CV, une sportive dans le pur style américain avec de nombreux détails atypiques par rapport à ses rivales européennes

Le concept de la Ford Mustang est aussi exclusif qu’étrange dans la vieille Europe, habituée aux motorisations petites avec toutes sortes de technologies pour économiser un maximum de carburant. Il existe des sportives, mais c’est un concept totalement différent, des modèles d’une précision chirurgicale qui transforment n’importe quel col de montagne en une ligne droite.
Mais la Ford Mustang est différente, une énorme sportive, avec un énorme bloc V8 atmosphérique, avec un châssis qui, il n’y a pas si longtemps, était équipé de ressorts à lames (heureusement ce n’est plus le cas dans la génération actuelle) et qui nous transporte dans une conduite au pur style américain. Alors que la Model Year 2018 présentée à Francfort n’arrive pas encore sur le marché, nous n’avons pas voulu laisser passer l’occasion d’essayer la Ford Mustang Fastback GT 5.0 V8 421 CV avec boîte de vitesses manuelle à six rapports, une autre façon de faire les choses.
Design extérieur : Muscle Car spectaculaire sous tous les angles

Une Mustang se reconnaît de loin, qu’on la voie de face, dans son imposant et sportif avant, ou de l’arrière avec le logo GT de grande taille : on identifie rapidement que cette voiture, à l’allure inhabituelle en Europe et au léger grondement, est américaine, c’est une Ford Mustang.
Le cheval préside la calandre, avec des phares étirés (au xénon) et un énorme capot à deux nervures qui accentuent l’image et le caractère de sportive américaine, de muscle car. Si cela ne suffisait pas, le bouclier au dessin sportif couronne un avant agressif. En revanche, les feux de jour sont à ampoules.
Sur les côtés, se distinguent ses jantes de 19 pouces et la largeur de l’arrière de la voiture, créant une image très particulière lorsque, depuis l’habitacle, on regarde dans les rétroviseurs. Malgré son allure sportive, ce n’est pas une voiture trop basse par rapport à d’autres modèles européens similaires.

À l’arrière, ce sont les feux qui attirent notre attention, trois rectangles verticaux surdimensionnés font office de feux arrière (avec technologie LED). Juste en dessous, on voit le logo GT qui nous indique que nous sommes face au puissant V8 et non au moteur quatre cylindres EcoBoost (même s’il est bien plus rationnel). La touche sportive se devine dans le diffuseur arrière, juste entre les deux sorties d’échappement.
Design intérieur : qualité américaine et espace juste pour quatre

En entrant dans l’habitacle de la Mustang, on constate que les places avant ont un espace correct, mais que les places arrière sont symboliques. L’énorme tableau de bord entoure les deux occupants des places avant, et il est également haut, comme le tunnel central.
Le dessin est symétrique, avec des matériaux qui mêlent finitions en cuir et plastiques durs, mais le tout dans le style américain, même s’il est vrai que les assemblages sont corrects. L’écran est le protagoniste, et juste en dessous se trouve un climatiseur très soigné en termes de design (et de qualité des boutons), quoique un peu chargé. Sous le climatiseur, une série de commandes nous permettent de réveiller les 421 CV, de changer de mode de conduite, d’allumer les quatre clignotants ou de régler la fermeté de la direction ; là encore, le design des commandes est spectaculaire.
La position de conduite est confortable ; même si elle n’est pas très basse par rapport à d’autres sportives, les sièges avant épousent parfaitement le corps (surtout en maintien latéral) et leur rembourrage est agréable, ce qui se remarque après de nombreux kilomètres. Le siège a un réglage électrique partiel, car le réglage du dossier est manuel. La visibilité est correcte, sauf vers l’arrière, et le levier de vitesses est placé en position haute, très commode. Le principal défaut que je trouve à la position de conduite (outre le tunnel central qui nous entoure) est la distance avec les pédales, à cause de la course énorme de la pédale d’embrayage : on est soit très loin de l’embrayage, soit très près des autres pédales.

L’instrumentation analogique, avec l’ordinateur de bord central en couleur, nous rappelle avec les miles que nous sommes au volant d’une voiture de conception américaine, mais comme l’indication est aussi en km/h, il n’y a aucun problème pour rouler sur le vieux continent.
Les places arrière ne conviennent qu’à deux adultes qui ne sont pas très grands, car quelqu’un mesurant 1,70 m ne sera plus à l’aise et touchera le plafond avec la tête. De plus, l’accès est compliqué et l’espace pour les pieds est réduit (comme dans d’autres modèles sportifs allemands, où c’est pareil). Juste derrière les appuie-tête, il y a plusieurs crochets pour suspendre une veste, un détail pratique.

Concernant les rangements, les vide-poches des portes sont petits, mais il y a une boîte centrale de taille moyenne et la boîte à gants principale est aussi de taille correcte. Le coffre a un seuil de chargement élevé, mais sa forme régulière permet d’en tirer bon parti pour les 408 litres qu’il offre.
Moteur et performances

La Mustang est disponible en deux motorisations sur notre marché : une quatre cylindres EcoBoost qui délivre 317 CV et une V8 de 421 CV. Le choix rationnel est le propulseur quatre cylindres, qui a une consommation plus maîtrisée et des performances assez proches du bloc V8. Mais il est vrai que conduire une Mustang avec le puissant moteur V8 de cinq litres et la boîte manuelle à six rapports est un plaisir et une rareté à parts égales.
Dès que l’on démarre le puissant V8, on entend un léger grondement ; on enclenche la première (en remarquant la course énorme de la pédale d’embrayage) et dès les premiers mètres on sent que la Mustang avec ce moteur n’est pas précisément douce, mais elle est addictive. La boîte est précise et à course courte, ce qui ajoute un plus au plaisir de conduite ; toute la puissance va directement à l’essieu arrière (avec différentiel autobloquant mécanique) et le bloc envoie beaucoup de force, 530 Nm, donc il faut de la douceur pour relâcher l’embrayage ou enfoncer la pédale d’accélérateur, surtout si la route est mouillée.

La sensation qui prédomine au volant est la bravoure, comme un cheval sauvage qu’il faut dompter avec douceur. Le son du moteur à bas régime y contribue aussi : un son rauque mais doux, qui s’intensifie à mesure que l’on monte dans les tours.
Le propulseur permet de rouler à un peu plus de 1100 tours/min en toute tranquillité, ou de monter jusqu’à plus de 6500 tr/min en poussant fort dès 4500 tours et en se plaquant au siège ; ses 421 CV sont là et poussent. D’ailleurs, il accélère de 0 à 100 km/h en 4,8 secondes, et il est facile, si l’on enfonce la pédale en deuxième, que les roues arrière s’affolent, bien que toujours sous contrôle dès qu’on relâche légèrement la pédale.
La direction a un toucher ferme (avec un volant énorme), mais on peut modifier sa fermeté grâce à un bouton sur la console centrale ; à haute vitesse, cette fermeté est appréciable. Enfin, il faut souligner le système de freinage, Brembo, qui plaque littéralement la Mustang au sol dès que l’on effleure la pédale de frein.
Comportement : pour les lignes droites infinies

Conduire une Ford Mustang, c’est comprendre le style de conduite américain, une voiture pensée pour être plus passionnée et sauvage que les modèles européens, la conception de la sportivité diffère nettement de ce que l’on peut voir dans d’autres modèles sportifs du vieux continent, bien plus précis pour négocier les virages mais aussi bien plus prévisibles. La Mustang n’est pas prévisible, elle n’est pas douce, et les virages ne sont même pas son habitat idéal, mais en contrepartie elle nous fait vivre la conduite en grand, et profiter de chaque changement de rapport ou de chaque trajectoire, quelle que soit la section.
Dans chacun des modes de conduite qu’elle propose -Normal, Sport+, Circuit et Neige/Mouillé-, l’accélération est franche, nous plaquant au siège, et l’on sent l’essieu arrière pousser sans relâche à chaque changement de rapport, réclamant toujours plus, le tout accompagné d’un son puissant au-delà de 4000 tr/min.

En revanche, dans les virages, on ressent certaines inerties propres à son gabarit, et elle ne se distingue pas par sa précision à négocier chaque courbe ; au contraire, si l’on n’a pas de doigté sur la pédale d’accélérateur, elle se révèle être une bonne propulsion, apportant un plus d’amusement, à condition d’être conscient de ce que l’on conduit. À son crédit, il faut dire que, même s’il est facile de faire danser l’essieu arrière, les aides électroniques sont rapides pour l’empêcher de s’échapper ; dès que l’on relâche la pédale d’accélérateur, la voiture revient immédiatement dans sa trajectoire.
À haute vitesse, la Mustang est stable et très confortable ; d’ailleurs, l’isolation phonique intérieure surprend. Sur route ou autoroute, c’est là qu’elle montre sa facette la plus agréable et confortable, avec un roulage relativement doux, et même la consommation affiche des chiffres plus rationnels.
Consommation

Avoir un bloc V8 sous le capot se paie au final en consommation, car cette Ford Mustang GT n’est pas très économe, mais pour un moteur atmosphérique sans turbo, la consommation est plus que correcte. Sur autoroute , en roulant tranquillement, on peut obtenir une consommation moyenne de 9,2 litres aux 100 km. Sur route, le chiffre oscille : si l’on est très prudent avec la pédale d’accélérateur, on peut descendre à 9,5 litres aux 100 km, tandis qu’en conduite normale la consommation moyenne que nous avons relevée tourne autour de 12 litres aux 100 km. Enfin, en trajet urbain, la consommation moyenne a été de 16 litres aux 100 km.
Équipement

De série, l’équipement de la Ford Mustang est très complet, tant dans la version quatre cylindres que dans cette V8. En matière de sécurité, elle est équipée de multiples airbags (y compris rideaux et genou pour le conducteur), d’un contrôle de stabilité, d’une aide au démarrage en côte ou d’un capteur de pression des pneus, entre autres systèmes. Malgré tout cela, lors des crash-tests EuroNCAP, elle n’a pas obtenu une bonne note et n’a décroché que trois étoiles, bien qu’elle ait intégré en 2017 le système de précollision ; la protection offerte aux occupants des places arrière n’est pas aussi bonne qu’elle devrait l’être (ce sont des places quasi symboliques), et la note baisse donc à ce niveau, alors que la protection des occupants des places avant se situe dans la norme avec 72 % (un chiffre clairement améliorable).

Le reste de l’équipement comprend les projecteurs au xénon avant (avec réglage manuel de la hauteur), réellement efficaces pour éclairer la route de nuit. Elle intègre de série un système audio à 9 haut-parleurs ; en revanche, le système de navigation à écran tactile est en option et ne coûte qu’un peu plus de 1 300 euros, ou fait partie d’un pack qui ajoute des sièges en cuir chauffants et ventilés et améliore le système audio Shaker-Pro à 12 haut-parleurs (d’une qualité très bonne), le tout pour 2 450 euros.
Avis personnel et prix de la Ford Mustang

La Ford Mustang avec moteur essence EcoBoost et 314 CV démarre à 40 350 euros, avec un équipement de série complet. Si l’on veut la version GT avec le puissant V8 de 421 CV, le prix monte à 47 350 euros. Qu’est-ce qui rend la Ford Mustang si spéciale ? Sans aucun doute le concept américain de voiture, de sportive, d’autant plus si l’on opte pour la Mustang GT V8.
Ce n’est pas une voiture idéale pour négocier les virages, mais cela ne lui retire pas une énorme capacité d’amusement ; en revanche, il faut être plus sensible au volant d’une Mustang, avec une conduite qui rappelle les sportives à propulsion d’il y a quelques années. Le design est un autre point fort de la Ford Mustang, très spectaculaire, même si son habitacle est peu spacieux (surtout aux places arrière, presque inexistantes).

Si vous cherchez une sportive différente, plus radicale que d’autres modèles allemands, la Mustang est une option recommandable pour son prix et la pureté de ses sensations au volant, en revanche, le modèle GT avec son puissant V8 n’est pas précisément pratique au quotidien, surtout à cause de sa consommation, même s’il l’est pour les voyages ou les parcours sur route, où il donne le meilleur de lui-même.
Photos | Équipe d’essai
Fiche technique de cette voiture
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