Jeep Compass 2.2 CRD 163 CV 4x4, essai (Moteur et performances)
Essai du Jeep Compass 2.2 CRD 163 CV à transmission intégrale et finition Sport. Dans cette première partie : moteur, performances, comportement, consommation et capacités hors route.

Nous poursuivons avec les tout-terrains. Nous avions auparavant testé le SUV d’une marque comme Land Rover, qui fabrique des tout-terrains depuis des années, et nous continuons aujourd’hui avec un essai similaire, cette fois avec le Jeep, qui possède également une grande expérience de ce type de véhicules.
Aujourd’hui, nous essayons le Jeep Compass 2.2 CRD de 163 CV 4×4 en finition Sport, un modèle controversé pour ses résultats aux tests EuroNCAP mais qui, au-delà de cela, est un bon tout-terrain, et dont le prix de départ est très intéressant, puisque à partir de 25 235 euros on obtient un Compass à transmission intégrale, ou à partir de 22 450 euros avec une transmission avant.
Moteur et performances

Les anciens propriétaires d’un Jeep se souviennent certainement des anciens moteurs 2.8 CRD, peu fiables, mais sur ce point le Jeep Compass marque un progrès, puisqu’il inaugure un nouveau moteur de 2,2 litres décliné en deux puissances, 136 et 163 CV, et le plus intéressant du moteur est son origine. Ce bloc est d’origine Mercedes, une variante du célèbre 2.2 diesel équipant plusieurs modèles de la marque à l’étoile.
Outre la fiabilité, la livraison de puissance a également été améliorée et les consommations considérablement réduites. C’est pourquoi nous considérons le moteur comme un point fort du Jeep Compass. Au volant, on sent que la voiture commence à répondre dès 1 400 tr/min et jusqu’à plus de 3 500 tours, une plage d’utilisation assez large qui se distingue en outre par une bonne réactivité à bas régime.
Son fonctionnement est doux et progressif, nous ne ressentons à aucun moment de secousses ni de à-coups, et il dispose d’une puissance largement suffisante pour mouvoir le Compass (n’oublions pas que nous avons sous le capot la version la plus puissante, de 163 CV). Pour ceux qui ne recherchent pas autant de dynamisme ni une réponse aussi vive, le bloc de 136 CV peut paraître un peu juste, mais reste suffisant pour mouvoir le Jeep Compass.
Le point faible du moteur est le bruit : c’est un propulsion assez bruyante qui semble mal insonorisée, si bien que le bruit pénètre dans l’habitacle.
Ce moteur est associé à une boîte de vitesses manuelle à six rapports, qui n’est pas particulièrement douce ni précise, mais qui remplit simplement et correctement sa fonction. La première vitesse est assez longue, idéale pour l’usage hors route, tandis que la sixième nous a paru peu allongée, puisqu’à 120 km/h la voiture tourne à 2 500 tr/min, ce qui ne favorise pas la consommation.
Comportement

Le Compass est un tout-terrain d’usage courant en matière de comportement : il dispose d’une suspension souple, typique de ce type de véhicules. Cela apporte un bon confort à bord, et c’est une voiture agréable pour voyager, mais elle perd en fermeté dans les virages et en stabilité lorsqu’on adopte une conduite un peu plus vive.
Un détail perfectible est l’insonorisation de l’habitacle, qui réduit le confort lors des longs trajets. Il est dommage qu’elle dispose d’un moteur aussi performant, alors qu’en pratique on se heurte davantage aux limites de la voiture, qu’il s’agisse de la suspension ou du système de freinage, corrects sans plus.
Cela dit, il ne faut pas oublier que la vocation de ce Jeep Compass n’est pas d’être une sportive. La direction privilégie également le confort : peu directe, elle se caractérise par un toucher souple et agréable pour manœuvrer.
Consommation

Sur ce point, on sent l’origine du moteur, puisqu’il atteint des consommations réellement maîtrisées pour un véhicule à transmission intégrale (activable). Sur autoroute , il se contente de seulement 6,6 litres aux 100 km, tandis que sur route ce chiffre descend à environ 6 litres aux 100 km.
En ville , la consommation grimpe sensiblement jusqu’à 10 litres aux 100 km, ce qui est normal, car les démarrages et arrêts de la circulation urbaine pénalisent la consommation. Mais dans l’ensemble, qu’il s’agisse de route ou d’autoroute, les chiffres restent contenus pour un modèle de 163 CV.
Comportement hors route

L’âme du Jeep est présente jusque dans ce Compass, et on le ressent dès qu’on quitte le bitume : c’est une voiture dotée de bons angles d’attaque et de sortie (surtout à l’arrière) et d’une garde au sol généreuse. Ajoutez à cela la transmission intégrale activable d’une simple pression sur un bouton, et l’on obtient un véhicule très capable hors des routes goudronnées, sur un terrain où il évolue en toute sécurité et sans appréhension.
Il manque quelques éléments, comme une bonne protection de bas de caisse avant (et non la pièce en plastique qu’il porte) ou une aide à la conduite hors route comme le contrôle de descente, mais pour le reste, c’est un véhicule tout à fait valable pour un usage en pleine nature. Lors des essais, nous avons testé le système de transmission sur boue, sur des surfaces à très faible adhérence, voire sur sable, et il a très bien réagi (dommage qu’il ne dispose pas d’un blocage de différentiel 50:50).
Lors d’un parcours sur les chemins de montagne, nous avons pu constater qu’il franchit sans problème les obstacles de petite taille, et qu’il s’aventure même dans des zones plus complexes ; sa garde au sol lui permet de passer là où d’autres SUV ne passent pas ou auraient des difficultés.

Photos | David Taboada
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