Avis et essai : le Mitsubishi Montero 3.2 DI-D 200 CV Aut, l'expérience du grand-père
Le Mitsubishi Montero est l’un des derniers 4×4 purs encore présents sur le marché, capable de nous emmener là où les autres SUV ne peuvent pas aller.

Les SUV sont à la mode, personne ne peut le remettre en question, à tel point que chaque marque propose dans sa gamme au moins un SUV. Mais les vrais tout-terrains ont peu à peu disparu du marché : même certaines marques qui se sont toujours distinguées par un ou deux modèles 4×4 purs ont cédé à la mode des SUV. Après tout, il faut lancer des produits que les gens demandent, et les 4×4 ont été relégués à un segment très niche.
Heureusement pour les amateurs du monde 4×4 (dont je fais partie) il reste quelques marques à l’histoire riche dans le monde du tout-terrain qui continuent de miser sur des modèles purs, conçus par et pour le hors-piste. C’est ainsi que l’on peut définir le Mitsubishi Montero que nous avons testé cette fois, plus précisément le Mitsubishi Montero 3.2 DI-D de 200 CV automatique.
Design extérieur : allure de 4×4, format de monospace XL

Extérieurement, le Montero est une voiture robuste, à l’aspect imposant tant par ses dimensions (4,9 mètres) que par son design aux formes carrées et de grande taille. La face avant a très peu évolué ces dernières années, avec des projecteurs au design polygonal à technologie xénon, dont la partie inférieure accueille des feux de jour à LED. Le pare-chocs avant et la protection inférieure nous rappellent qu’il s’agit d’un vrai 4×4.
Sur les flancs, ce sont les lignes droites qui dominent, des vitres elles-mêmes jusqu’aux moulures latérales des portes. Le marchepied latéral lui fait perdre un peu de hauteur, mais il est pratique pour accéder à l’intérieur. Les jantes se distinguent également, avec un profil orienté vers le comportement hors-route et des dimensions 265/60 R18.
À l’arrière, ce qui frappe en premier, c’est la roue de secours, l’un des rares survivants à conserver la roue de secours suspendue au hayon, véritable exploit sur le marché actuel des SUV et des pseudo-SUV. Le hayon du coffre s’ouvre latéralement : il faut donc bien calculer les distances au moment de se garer dans un garage pour ne pas se coller au mur, sans quoi on ne pourra pas ouvrir le hayon. En revanche, grâce à sa large ouverture, il permet de charger toutes sortes d’objets très facilement.

Enfin, dans le design extérieur, on ne peut pas oublier le toit ouvrant : il n’est pas panoramique puisqu’il ne couvre pas tout le toit, mais il est de grandes dimensions et apporte beaucoup de lumière à l’habitacle.
Design intérieur : espace pour sept dans un style resté inchangé au fil des années

Quand on parvient à monter à bord, opération délicate surtout pour une personne âgée en raison de la hauteur, on découvre un habitacle extrêmement spacieux et un design connu, avec des éléments qui n’ont pas changé depuis des années, à l’image de l’écran de l’ordinateur de bord, presque exotique par la touche vintage qu’il apporte au Montero.
Le design du tableau de bord suit des lignes droites (comme l’ensemble), assez sobre en termes de boutons et de lignes. La qualité est correcte, avec une grande partie du tableau de bord en plastique souple, même si certaines zones ne devraient pas en comporter, surtout dans une voiture à ce prix (comme les moulures argentées, par exemple).
La position de conduite est très haute, avec la sensation de conduire un véhicule de grandes dimensions (ou un fourgon), et une bonne visibilité avant et latérale (grâce aux énormes rétroviseurs). Le siège n’est peut-être pas très ergonomique — il dispose d’un réglage électrique — et le maintien latéral est limité, mais c’est malgré tout une voiture relativement confortable pour les longs trajets. Autre point à améliorer : le volant ne se règle qu’en hauteur, pas en profondeur.

Les places arrière offrent largement assez d’espace pour les pieds et la tête, et sont même confortables pour trois passagers. Les dossiers sont inclinables et disposent de commandes de climatisation dédiées avec des sorties d’air latérales.
Si l’on passe à la troisième rangée de sièges, on remarque l’ampleur de la banquette (qui se loge sous le plancher du coffre), même si elle est placée trop bas, ce qui nuit au confort assis. L’accès n’est pas non plus très facile, mais la place suffit même pour des adultes.
En général, l’intérieur du Mitsubishi Montero est très spacieux et confortable, avec un niveau de qualité globalement plus que correct et des finitions satisfaisantes, d’autant plus pour une voiture soumise à un roulage plus exigeant qu’un véhicule de tourisme.

Côté rangements, il ne brille pas particulièrement, à part le grand bac central et la boîte à gants principale ; pour le reste, les vide-poches des portes sont petits et il n’y en a pas aux portes arrière. Il n’y a pas non plus beaucoup de compartiments pour poser nos objets dans l’habitacle, ou ceux qui existent sont petits (comme celui de la console centrale).
Le coffre est énorme, avec une grande capacité pour charger pratiquement tout. À cinq places, il offre 663 litres, réduits à 215 litres avec les sept places, ce qui reste plus d’espace que ce que proposent certaines citadines.
Moteur et performances : 3,2 litres, 200 CV et beaucoup de caractère

Sous le capot du Montero se cache un moteur de 3,2 litres, quatre cylindres et 200 CV : ces chiffres donnent déjà une idée de la capacité de traction de ce 4×4. Ce n’est pas un moteur sportif, ni en termes de vitesse de pointe, ni en accélération brutale ; ce sont 200 CV de pur nerf chargés de déplacer 2,5 tonnes, qui poussent le Montero hors route avec une aisance enviable.
De fait, il passe de 0 à 100 km/h en 11 secondes, mais ses 441 Nm de couple se font sentir dans les reprises, et même sur route ou autoroute il se déplace avec aisance. Le moteur est associé à une boîte automatique à seulement cinq rapports (convertisseur de couple), une bonne boîte pour se déplacer dans les terrains difficiles, mais cinq rapports sont insuffisants pour obtenir de bonnes consommations sur autoroute ou même sur route. En revanche, elle dispose d’un mode séquentiel et d’un bon frein moteur.
Ce n’est pas non plus un moteur remarquable par sa douceur, bien au contraire, mais cela fait aussi partie du charme particulier de ce tout-terrain : on entend à chaque instant le fonctionnement du turbo, ce qui donne un petit côté robuste à la voiture.
Comportement

Côté comportement, on retient le confort de roulage remarquable sur tous types de routes et sur autoroute, mais avec un réglage de suspensions conçu pour un usage hors route, c’est-à-dire plutôt souple, ce qui se ressent dans les virages ou à haute vitesse, où l’on doit inévitablement anticiper les conditions de la route.
Ses dimensions et son poids n’aident pas non plus à en faire une voiture agile : en effet, dans les virages on ressent fortement les effets d’inertie, mais c’est tout à fait compréhensible compte tenu de l’usage pour lequel il a été conçu. Cela dit, sur autoroute ou sur route, c’est une voiture relativement confortable, avec un bon niveau de confort intérieur, et un excellent avaleur de kilomètres (dommage que la consommation ne soit pas plus basse). En ville, ses dimensions, son manque d’agilité et sa consommation en font sans doute le moins bon terrain de jeu, même si il dispose d’un bon angle de braquage qui permet de manœuvrer avec une certaine aisance dans les espaces étroits.
La direction se distingue par sa grande course et sa grande fermeté ; bien qu’elle soit assistée, on ne le dirait pas. Quant au système de freinage, il remplit parfaitement sa fonction, arrêtant avec vigueur ce 4×4 de presque 2,5 tonnes.
Comportement hors route

La raison principale d’être du Mitsubishi Montero est de pouvoir le sortir de l’asphalte : sur route, c’est une voiture spacieuse et confortable, mais elle n’a pas été conçue pour cela. En revanche, quand on décide de quitter le bitume, peu importe l’état de l’itinéraire choisi : on ne conduit pas un SUV, mais un vrai 4×4.
Pour le tester, nous avons choisi l’un des scénarios les plus exigeants pour un tout-terrain : chaque année, nous assistons au Rallye du Portugal, en accédant aux différentes spéciales par des pistes très difficiles et des zones où seuls grimpent les 4×4 les plus capables. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je préfère parler de l’arsenal dont dispose le Montero. Ce qui frappe au premier coup d’œil, c’est sa grande garde au sol (un peu réduite par le marchepied, mais qui dépasse ce qu’un SUV peut offrir) ; à l’extérieur, les pneus aussi se remarquent, avec un profil très haut et spécialement conçus pour le hors-piste.

Mécaniquement, le Montero est l’un des rares véhicules à encore disposer d’un réducteur : depuis le levier à côté de la boîte de vitesses, on peut sélectionner plusieurs modes : 2H, 4H, 4HLc, 4LLc. Le premier est la propulsion (suffisante pour la plupart des pistes et des trajets), le deuxième est la transmission intégrale permanente, le suivant ajoute le blocage du différentiel central et, enfin, le réducteur avec blocage du différentiel central maintenu. Si cela ne suffit pas, on peut encore bloquer le différentiel arrière à l’aide d’un bouton, pour les passages les plus complexes.
Une fois familiarisés avec le réducteur et les modes de transmission, nous nous lançons dans le premier essai : il s’agit d’une piste pleine de pierres, avec de fréquents fossés, que certains conducteurs précédents ont tenté de combler avec des pierres pour pouvoir passer avec leur voiture. Heureusement, le Montero n’en a pas besoin : il franchit la piste sans même avoir à enclencher la transmission.

Le deuxième jour, avec les accès au célèbre passage du “saut de Fafe“, les choses se compliquent : les 4×4 passés avant (préparés de manière extrême pour le hors-piste) ont dévasté la piste, remplie de terre et de passages techniques, avec des changements d’appui constants et des fossés dans lesquels entre la roue entière de la voiture. Nous sélectionnons le mode 4HLc et avançons lentement en première vitesse, idéale pour le tout-terrain : le Montero se tord mais progresse d’un pas sûr, sans hésiter, sans même mettre en difficulté la moindre partie de la voiture, et encore moins la transmission.
En repassant par le même parcours, la piste est encore pire. Nous quittons donc complètement la piste et nous engageons dans une descente difficile où la terre très sèche ne permet presque pas de freiner ; là encore, le Montero avance en toute sécurité sans jamais se retrouver dans une situation dangereuse ou risquée, ce qui est surprenant. La suspension indépendante (parallélogramme déformable sur les deux essieux) remplit sa fonction sans protester, et nous arrivons au bout du parcours en quelques minutes.
En définitive, à la fin de l’essai, me revient en tête ce slogan : “Là où passe un Montero, personne ne passe“, qui devient aujourd’hui une vérité absolue, alors que les vrais tout-terrains disparaissent peu à peu du marché, remplacés par les SUV.
Consommation

La consommation n’est pas la meilleure qualité du Montero : ses dimensions, son poids et sa boîte automatique à seulement cinq rapports affichent des chiffres supérieurs à ceux de rivaux comparables. Sur autoroute, la consommation la plus basse que nous ayons obtenue a été de 10,9 litres aux 100 km, en étant très prudents sur l’accélérateur. Sur route, en revanche, la valeur habituelle oscille entre 11 et 12 litres aux 100 km. En ville, le chiffre grimpe jusqu’à 16 litres aux 100 km ; il en va de même si l’on roule longtemps hors des routes goudronnées, même si ce dernier point est plus compréhensible.
Équipement

L’équipement du Montero est aussi complet que vieillot, puisqu’il se passe des assistances si à la mode aujourd’hui sur les nouveaux modèles. Il est disponible en deux niveaux d’équipement : Spirit et Kaiteki, le premier destiné à un public professionnel et le second plus complet. Parmi les nouveautés de cette version figure le nouveau système multimédia à écran tactile et connectivité smartphone.
Parmi les points forts de l’équipement, on retiendra le bon éclairage des projecteurs xénon et la qualité du son du système Rockford Fosgate (860 W et 12 haut-parleurs). En revanche, on regrette l’absence de capteurs de stationnement (aussi bien à l’avant qu’à l’arrière), la caméra de recul ne suffisant pas.
Avis personnel et prix

Le prix de départ du Montero trois portes est de 36 725 euros, tandis que notre exemplaire cinq portes avec la finition la plus complète atteint 48 525 euros. Compte tenu des années qu’il passe sur le marché et de l’absence de certains équipements par rapport à d’autres véhicules, on ne peut pas considérer qu’il soit bon marché. Il est vrai que ses capacités ne font aucun doute, mais dans le cas de notre exemplaire, un prix proche de 50 000 euros est trop élevé.
Quant à l’avis personnel sur le Mitsubishi Montero, il est très positif, à l’exception de deux ou trois détails qui ne nous ont pas convaincus. Si vous cherchez un vrai 4×4, les options sont rares et le Montero est donc un excellent choix par ses aptitudes, sa taille et son espace. En revanche, il pèche par sa consommation élevée et par un prix final qui devrait être plus serré.
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