Ford Mustang Mach-E Voitures électriques Essais SUV
Ford Mustang Mach-E : nous avons testé le nouveau modèle anti-Tesla
En mai, les premières unités de la Mustang Mach-E arriveront en Espagne : un SUV sportif électrique à propulsion arrière ou intégrale, disponible avec deux capacités de batterie

Pari audacieux du géant nord-américain, qui ose lancer une nouvelle Mustang, mais cette fois avec une version 100 % électrique, aussi sportive et séduisante que les « Muscle Cars », tout en faisant évoluer le concept vers une carrosserie plus pratique et familiale, de type SUV coupé. Il s’agit du modèle le plus disruptif et innovant de la marque ces dernières années, développé à partir d’une feuille blanche par le département Team Edison de Ford. Pour cela, on a opté pour la conception d’une plateforme entièrement nouvelle, qui servira de base à de futurs modèles de la marque, et qui permet d’intégrer les batteries refroidies dans le plancher même. Il va de soi que cela implique l’adoption de moteurs électriques puissants et une mise au point du châssis capable de restituer le caractère attendu d’une Mustang.
La Ford Mustang Mach-E n’arbore que l’emblématique logo au « pony » de la marque américaine, et non l’ovale de Ford, et elle se commercialise dans le réseau de concessionnaires Ford et sur Internet.
Son apparence extérieure rappelle certaines caractéristiques qui ont marqué les éditions précédentes, comme la calandre avant en forme de « nez de requin », avec le « pony » qui préside la calandre, le long capot avant, la ligne de ceinture marquée, les groupes optiques effilés, la courbure du toit, les passages de roue arrière spectaculaires, les feux arrière à trois barres, son énorme empattement ou les roues de grand diamètre.

L’un des aspects qui retiennent le plus l’attention de sa carrosserie est le système d’ouverture des portes, sans serrures mécaniques apparentes : un bouton tactile et une petite poignée physique située sur le bord même des vitres avant. Derrière, un seul bouton libère la serrure et écarte la porte de quelques centimètres afin de pouvoir l’ouvrir en tirant sur le bord. Il dispose d’une clé physique, mais il peut également être actionné automatiquement depuis le téléphone portable, via l’application FordPass, grâce au Bluetooth, ce qui permet d’accéder au véhicule sans clé. Si l’on n’a ni téléphone ni clé, un code numérique installé sur le montant B permet de saisir le code d’ouverture.
Un SUV de grande capacité
Avec une longueur de 4,71 mètres, une largeur de 1,88 m, une hauteur de 1,60 m et un empattement de 2,98 mètres, il dégage une grande impression de puissance. Ainsi, la capacité intérieure qu’il offre est remarquable, car toutes ses cotes se distinguent par leur ampleur. Le très long empattement a permis de placer l’ensemble des batteries au centre, entre les essieux, ce qui améliore la répartition des masses et contribue à abaisser le centre de gravité. Il convient de souligner qu’il ne s’agit pas d’un modèle particulièrement léger, car les versions à propulsion arrière dépassent 1 969 kg, tandis que, dans le cas de la transmission intégrale avec batterie de grande capacité, ce chiffre grimpe à 2 183 kg.

En outre, il dispose d’un coffre de 402 litres, qui peut atteindre 1 420 litres si l’on rabat les dossiers arrière. Il offre également un espace sous le capot avant, avec possibilité de le compartimenter et doté d’un bouchon de vidange, ce qui permet de disposer de 81 litres supplémentaires. Fait curieux, on remarque l’intégration d’un bouton fluorescent à l’intérieur, pour permettre l’ouverture d’urgence si quelqu’un se retrouvait enfermé.
L’habitacle, sobre et dégagé, offre beaucoup d’espace et de facilité d’utilisation. Les commandes sont celles habituelles de la famille des modèles Ford. Il n’y a pas de projection d’informations par Head Up Display, car le poste de conduite dispose d’un écran numérique horizontal et sobre derrière le volant, qui affiche les informations les plus pertinentes et nécessaires, comme la vitesse, la consommation, l’autonomie ou les indications du système de navigation.
Électronique de dernière génération
Mention à part pour l’écran vertical de 15,5 pouces situé au centre du tableau de bord, similaire à celui qu’utilise Tesla, depuis lequel on affiche et on gère le reste des fonctions de la voiture, comme la navigation, le système audio, la climatisation, les modes de conduite, les sons qu’il peut émettre, l’ordinateur de bord, l’indication des bornes de recharge à proximité, etc.

On apprécie son bon fonctionnement et sa facilité de manipulation, car certaines fonctions apparaissent toujours à une position fixe, comme les menus de configuration en haut ou les commandes de climatisation et de vitesse du ventilateur en bas de l’écran. La commande du volume de l’audio se gère depuis une grande molette centrale située sur l’écran ou depuis le volant multifonction. De plus, la typographie et la taille des commandes sont suffisamment grandes pour les voir sans détourner l’attention de la route.
Pour faciliter la connectivité avec les différents appareils électroniques, on a installé un système Sync de dernière génération, deux fois plus puissant que le précédent Sync3, qui permet la commande vocale en 15 langues et la connexion sans fil des appareils Android et iOS. Il peut en outre mettre à jour son logiciel en arrière-plan, sans aucune intervention du conducteur.
L’électronique haute performance permet la capacité d’« autoapprentissage » et sa mémorisation, en tenant compte des habitudes de comportement, du style de conduite, du relief du parcours ou du climat, afin d’affiner les calculs de consommation et d’autonomie disponible.

Il dispose d’un vaste dispositif en matière de sécurité, d’aides à la conduite et de systèmes de confort, proposés de série sur la Mustang Mach-E, quelle que soit la transmission ou la taille de la batterie. Le régulateur de vitesse adaptatif avec système d’arrêt et de redémarrage, le système de maintien dans la voie, l’alerte de trafic transversal, l’assistant de précollision, le système de reconnaissance des panneaux de signalisation, le freinage post-impact, le système d’éclairage LED adaptatif ou les sièges tapissés de cuir font partie de l’équipement du modèle.
Dans tous les cas, l’équipement de série est très complet, et peut être complété par les packs Technologie et Technologie +, qui ajoutent des éléments comme le système audio Bang & Olufsen haute puissance à 10 haut-parleurs, le hayon avec ouverture mains libres, l’assistant de stationnement avec caméra à vision à 360°, les sièges avant électriques avec mémoire jusqu’à 8 positions, toit panoramique intégral, des rétroviseurs extérieurs bicolores à rabattement automatique, ou trois types de peinture métallisée.
Deux types de propulsion, deux tailles de batterie
Lors de son lancement, quatre versions différentes sont proposées selon le type de propulsion, arrière ou intégrale – avec un ou deux moteurs – et deux options de batterie : la standard de 75,7 kWh de capacité totale et 288 cellules (68 kWh de capacité utile), ou celle d’autonomie étendue, de 98,7 kWh et 376 cellules (88 kWh de capacité utile). Dans le cas des versions à quatre roues motrices, un moteur supplémentaire est monté sur l’essieu avant, sans liaison mécanique avec l’arrière.

Les versions à propulsion arrière avec batterie de 75,7 kWh annoncent une puissance de 198 kW (269 ch) et une autonomie WLTP de 440 km, tandis que, si l’on opte pour la batterie à autonomie étendue de 98,7 kWh, la puissance grimpe à 216 kW (294 ch) et l’autonomie atteint 610 km.
Pour les versions à transmission intégrale avec batterie de 75,7 kWh, la puissance fournie par les moteurs ne change pas, soit 198 kW (269 ch), mais l’autonomie se réduit à 400 km. En revanche, dans la variante la plus complète, dotée de la transmission intégrale et de la batterie à autonomie étendue, la puissance atteint 258 kW (351 ch) et l’autonomie permet 540 km en cycle WLTP.
Un bon comportement
On a beaucoup attendu, mais enfin nous avons pu prendre le volant de la nouvelle Mustang Mach-E, plus précisément la version à transmission intégrale de 351 ch avec batterie à autonomie étendue de 98,7 kWh, et l’impression est vraiment positive.

Dès qu’on accède à l’habitacle, après avoir ouvert la voiture via l’application du téléphone, tout paraît assez familier, car on retrouve les commandes, les boutons et l’ambiance générale d’autres modèles de la famille Ford. Il est facile de trouver la position de conduite grâce au réglage du siège et du volant.
Quelques minutes suffisent pour se familiariser avec le spectaculaire écran central, qui permet de réaliser différents réglages, et depuis lequel on peut sélectionner les modes de conduite : « Active », « Whisper » et « Untamed », qui modifient les paramètres de réponse de l’accélérateur, fermeté de la direction et calibrage de l’ESP, tout en modifiant l’ambiance intérieure avec l’éclairage ou l’émulation d’un bruit de moteur thermique. Depuis ce même dispositif on contrôle aussi la climatisation, le téléphone, la navigation ou l’audio. En outre, on peut activer la fonction « one pedal », qui offre une plus grande capacité de retenue lorsqu’on lève le pied de l’accélérateur, pour fluidifier la conduite et mieux tirer parti de la récupération d’énergie. Son utilisation n’est brusque ni sur route ni en ville. Bien plus, elle est particulièrement pratique sur les routes sinueuses, car elle évite de freiner à de nombreuses reprises et aide à « maintenir » la voiture à l’entrée des virages, le poids de l’ensemble étant élevé et les effets d’inertie nettement perceptibles.
https://www.youtube.com/watch?v=NG3urELabEo
Comme c’est désormais la tradition sur les derniers produits de la marque américaine, la commande du sélecteur de vitesses est confiée à une molette située sur la console centrale, qui offre une utilisation rapide et intuitive. À l’intérieur, on trouve un bouton « L » qui offre une plus grande capacité de retenue pour récupérer l’énergie dans les descentes.
Dans tous les modes de fonctionnement, l’accélération est spectaculaire, très linéaire et progressive, agréable et presque silencieuse, car la majeure partie du bruit provient du roulement des pneus.
Elle est facile à conduire car, bien que l’on ressente le poids et les effets d’inertie lorsqu’on roule à un rythme soutenu, les freins comme la direction aident à suivre la trajectoire souhaitée avec une bonne précision. Les suspensions contribuent aussi à offrir un confort appréciable aux occupants et une capacité suffisante pour contenir les oscillations de la caisse lors de forts transferts de charge. Sur les routes à chaussée ondulée, la voiture ne paraît pas sèche et inspire une bonne confiance au conducteur.
En matière de consommation, la donnée affichée par l’ordinateur de bord est particulièrement remarquable : la moyenne n’a pas dépassé 20 kWh/100 km sur un parcours rapide et exigeant, un chiffre particulièrement bas pour un modèle de telles dimensions, puissance et poids. Il semble en revanche tirer très bien parti de la récupération d’énergie, mais il faudra attendre un peu pour vérifier ce chiffre lors d’un essai plus approfondi.

Quoi qu’il en soit, nous l’avons trouvée très intéressante, non seulement pour son rapport qualité-prix, son équipement, sa taille, ses performances et son prix, mais aussi pour ses possibilités d’utilisation au quotidien, avec la capacité de voyager confortablement et la possibilité de recharges rapides en cours de trajet.
Haute tension
Pour recharger les grandes batteries de la Mach-E, plusieurs possibilités existent : un chargeur domestique est fourni de série, via un connecteur Schuko-Mennekes de 2,3 kW, ainsi qu’un câble Mennekes-Mennekes de 32 A. Bien entendu, avec le premier dispositif, l’opération peut devenir interminable, car une recharge complète pourrait prendre plus de 40 heures. Mais on peut aussi utiliser une borne Wallbox connectée en triphasé à 11 kW, ce qui permettrait de réduire cette opération à environ 9 heures. On peut également faire le plein aux bornes de recharge rapide, jusqu’à 115 kW pour les versions à batterie standard et jusqu’à 150 kW pour celles à autonomie étendue.

Grâce au système de navigation, on peut accéder aux bornes publiques les plus proches et connaître les stations recommandées pour recharger selon la destination choisie et l’autonomie, et aussi utiliser le réseau FordPass Charging Network, qui compte plus de 155 000 bornes en Europe. On peut également accéder au réseau IONITY, avec des tarifs préférentiels pour les recharges rapides. Ford annonce que, dans le cas de la version à propulsion arrière et batterie à autonomie étendue, qui se recharge à une puissance maximale de 150 kW, on peut ajouter jusqu’à 119 km d’autonomie en seulement 10 minutes sur une borne de recharge rapide en courant continu.
Version GT, encore plus sportive
Si les versions qui arriveront prochainement ne vous semblent pas assez puissantes, une variante plus sportive, baptisée GT, sera commercialisée à la fin de l’année, exclusivement en configuration à quatre roues motrices avec batterie de 98,7 kWh, capable de délivrer une puissance maximale de 358 kW (487 ch) et un couple maximal de 860 Nm. Elle annonce une autonomie allant jusqu’à 500 km en cycle WLTP et des performances stupéfiantes, avec une accélération de 0 à 100 km/h en 3,7 secondes. Sur le plan esthétique, elle présente quelques modifications de carrosserie, comme les pare-chocs, les diffuseurs arrière, les jantes de 20 pouces et une calandre avant spécifique éclairée. Elle comprend aussi des freins de plus grandes dimensions avec étriers Brembo Flexira à quatre pistons et une suspension adaptative MagneRide.

Un prix sans concurrence
Le prix annoncé par Ford pour son nouveau modèle sportif a suscité une véritable surprise, car il se situe tout près de celui de certaines compactes électriques bien moins puissantes, comme le Hyundai Kona, le Kia Niro ou le Volkswagen ID.4, et nettement en dessous de certains rivaux de marques premium, comme le Audi e-tron 50 quattro, le BMW iX3 ou le Jaguar i-Pace EV 400.
Pour entrer dans la fourchette de prix qui permet de bénéficier des aides du plan Moves, Ford a lancé une campagne de remise spéciale, qui ne concerne que la variante à propulsion arrière et batterie de 75,7 kWh, ce qui ramène son prix à 45 000 euros. Pour la version AWD avec batterie à autonomie étendue de 98,7 kWh et 351 ch, le prix atteint 64 900 euros.
Fiche technique de cette voiture
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