Nous avons essayé la nouvelle Toyota GR Supra à Jarama : le mythe renaît
Nous avons essayé la nouvelle Toyota GR Supra, l’une des sportives les plus attendues de l’année écoulée. Si vous souhaitez savoir ce que nous en avons pensé, n’hésitez pas à poursuivre votre lecture.

Cela fait déjà près de 20 ans que la quatrième génération de la Toyota Supra a cessé d’être produite. Ce modèle est resté dans l’esprit des passionnés de sportives comme l’un des plus grands représentants des voitures de haute performance japonaises, partageant le trône avec la Mitsubishi EVO ou la Subaru Impreza.
Après cette longue période, alors que le secteur automobile s’engage sur la voie de l’électrification, créer une voiture à l’esprit de la Toyota Supra semblait relever de l’utopie. Pourtant, Gazoo Racing (le département compétition de la marque japonaise) est sorti de l’ombre ces derniers mois pour prouver que Toyota est bien plus que des voitures hybrides.

La Toyota a laissé un héritage envié en compétition, avec de grands succès au championnat du monde des rallyes, dans les courses d’endurance et de bons résultats pendant plusieurs saisons en Formule 1. Nous pensions tous que cela était tombé dans l’oubli, mais à voir ce que Toyota a dévoilé ces derniers mois, nous pouvons dire que nous ne pouvions pas nous tromper davantage.
Il y a quelques mois, la marque japonaise a présenté, par l’intermédiaire de GR, la nouvelle Toyota Yaris GRMN, une version radicalisée du modèle urbain de la marque. Elle développait 212 chevaux et un comportement entièrement inspiré de la voiture qu’Ott Tanak pilote en WRC.

Quelques mois plus tard, Toyota nous a montré l’apogée de cette renaissance : la Toyota GR Supra, une réédition de l’un des modèles les plus mythiques de l’histoire de la marque. Nous savions depuis un certain temps l’existence de cette nouvelle sportive, grâce à quelques images, des prototypes camouflés et à la connaissance du fait qu’elle a été développée conjointement avec la BMW.
Cette nouvelle n’a absolument pas plu aux fans de la marque. Cependant, ceux qui pensent que le fait que les deux marques se soient unies pour créer la nouvelle Toyota GR Supra et la BMW Z4 est un problème n’ont pas essayé la voiture. Nous, qui l’avons fait, pouvons être très clairs après la polémique de ces derniers mois : nous voulons plus de collaborations de ce style !
Un design qui ne laisse personne indifférent

La Toyota GR Supra est l’une de ces voitures que l’on se gare sur le parking du supermarché en tournant la tête à 180° simplement pour la revoir avant d’entrer. Ce qui attire le plus notre attention, c’est son long capot, bien plus grand que les autres éléments de la voiture.
La nouvelle Supra est une voiture à la longueur réduite (4 379 mm), qui se combine parfaitement avec une largeur considérable (1 854 mm) et un empattement très court (2 470 mm). De plus, comme il se doit pour une sportive, il s’agit d’une voiture basse (1 292 mm). Toutes ces mesures rendent l’image de la voiture réellement agressive et séduisante.

Le profil de la nouvelle Toyota GR Supra fait partie de ceux qui donnent la chair de poule, avec une silhouette élancée qui rappelle la classique Toyota 2000 GT. Cette silhouette si attrayante est couronnée par l’aileron en forme de « queue de canard » et de belles jantes en acier forgé de 19 pouces en finition mate/chromée. Ces jantes sont chaussées de pneus 255/35 à l’avant et de 275/35 à l’arrière.
On ne peut pas dire que l’arrière soit l’un des points forts de la voiture, non pas parce qu’il n’est pas joli, mais parce que la voiture est très belle quel que soit l’angle sous lequel on la regarde. On remarque des feux arrière élégants en forme de larme, une double sortie d’échappement agressive, un diffuseur avec le feu de recul composé de LED en forme de triangle et, comme il se doit, le logo « Supra » qui orne l’ensemble.

À l’ouverture de la portière, l’intérieur ne détonne absolument pas avec le reste de la voiture. C’est dans cette partie que l’on sent le plus l’influence de BMW, ce qui n’est nullement négatif. La Toyota GR Supra est une voiture biplace, si bien que la marque n’a pas voulu installer ces petites banquettes arrière témoins que possède son petit frère, la Toyota GT86.
Une fois assis au volant, la position idéale se trouve rapidement et facilement. La position de conduite est très basse, si bien qu’il faut presque se laisser tomber dans le siège. La visibilité est bonne, même si le montant A peut devenir un obstacle lorsqu’on veut voir le virage suivant que l’on s’apprête à négocier.
Toyota a très bien réalisé l’intérieur de la nouvelle Supra, puisque toutes les commandes sont à portée de main. Le volant a également une taille confortable pour le manœuvrer et, derrière lui, des palettes au toucher agréable et de taille raisonnable permettent de monter et descendre les rapports sans problème, même avec le volant braqué. Les sièges ont un design très attrayant, même s’il est vrai qu’ils pourraient mieux maintenir latéralement : on ne glisse pas dans les virages, mais on n’est pas maintenu à 100 %.

Par ailleurs, la Toyota GR Supra est dotée d’un cockpit numérique de 8,8 pouces où le compte-tours et le rapport engagé sont les vedettes. Sur la partie gauche se trouve un autre espace consacré à la vitesse et, à droite, un affichage configurable qui offre une grande quantité d’informations au conducteur.
Un autre point qui témoigne de l’influence de BMW concerne les matériaux utilisés dans l’habitacle de la Toyota GR Supra. Le conducteur comme le passager sont entourés de matériaux de bonne qualité et d’un toucher irréprochable. En outre, certains éléments comme le levier de vitesses, les commandes du système multimédia ou celles de la climatisation sont identiques à ceux que l’on peut trouver sur certains modèles de BMW.
Un excellent châssis qui n’a pas besoin de plus de puissance

Si l’on soulève le long capot de la nouvelle Toyota GR Supra, on trouve un moteur de 3,0 litres turbocompressé à six cylindres en ligne monté en position longitudinale. Les ingénieurs de la marque ont accordé une grande importance à l’abaissement du centre de gravité de leur nouvelle sportive et à une répartition idéale des masses. C’est pourquoi ce type de configuration est idéal pour atteindre cet objectif.
Ce six cylindres est l’un des nombreux points communs entre la BMW et la Toyota. Il développe une puissance de 340 chevaux et délivre un couple de 500 Nm, ce qui permet à la Toyota Supra d’atteindre 100 km/h en seulement 4,3 secondes et d’atteindre une vitesse maximale limitée électroniquement à 250 km/h.

Le moteur de la Toyota GR Supra atteint sa puissance maximale entre 5 000 et 6 500 tr/min, si bien que faire toucher l’aiguille à la zone rouge du compte-tours et entendre le six cylindres rugir accompagné du léger sifflement du turbocompresseur devient un plaisir pour tous les sens.
Toyota a associé ce moteur à une boîte automatique ZF à convertisseur de couple à huit rapports. Bien que personnellement je ne sois pas un fervent partisan de ce type de boîte et que je préfère une double embrayage, il faut souligner que son comportement est impeccable. Si on la sollicite, les passages de rapports sont rapides et, en utilisant les palettes, la boîte est obéissante, enclenchant le rapport demandé sans broncher.
Un autre élément clé qui ne peut manquer dans une voiture au caractère de la Toyota GR Supra est le différentiel à glissement limité. Gazoo Racing, la division de Toyota chargée du développement de la voiture, a monté un différentiel actif qui se règle en continu de 0 à 100 % de blocage.
Tous ces ingrédients réunis dans le même plat font de la Toyota GR Supra une recette exquise. Lorsqu’elle aborde un col de montagne, la voiture procure une sensation de stabilité et de sécurité absolues, démontrant par ailleurs un comportement très noble. Une grande partie du mérite revient à la direction, dont le toucher ferme et direct offre au conducteur un retour parfait.
Par ailleurs, Toyota nous a donné l’occasion d’essayer la voiture sur le circuit de Jarama. Le comportement de la Toyota GR Supra a été brillant à tout moment, démontrant une fois de plus qu’il s’agit d’une voiture facile à conduire aux réactions prévisibles en toutes circonstances. La preuve : il est simple de corriger les légers survirages que la voiture a présentés en certains points critiques, comme la descente délicate vers le virage Bugatti.
Cependant, l’un des points sur lesquels la Supra pourrait faire mieux concerne le freinage. Elle est équipée de disques ventilés de 348 x 36 mm à l’avant et de 345 x 24 mm à l’arrière qui, après le traitement subi lors de plusieurs tours sur le circuit madrilène, ont montré une certaine perte d’efficacité.

Un autre point négatif de la Toyota GR Supra est que le frein à main est électrique. Ce n’est pas un problème en soi, mais nous défendons l’idée qu’une voiture de ce type devrait disposer d’un frein à main classique, car c’est un outil qui peut manquer si l’on veut déstabiliser l’arrière du véhicule.
Mis à part les points négatifs, il convient de souligner que, outre un comportement sportif irréprochable, la voiture peut aussi être confortable pour effectuer un long trajet. Le moelleux des sièges, associé à la suspension variable adaptative qui modifie son tarage selon le mode de conduite activé (Normal ou Sport), permet de parcourir de longs trajets sans difficulté.
Combien coûte la nouvelle Toyota GR Supra ?

Toyota propose deux packs d’équipement pour la Toyota GR Supra : Active et Premium. La finition Active est déjà très bien équipée, grâce à des éléments comme les jantes forgées de 19 pouces, la suspension variable adaptative, le différentiel actif, les sièges sport en Alcantara ou le système de navigation.
Par ailleurs, si le client choisit la finition Premium, il recevra, en plus de tous les équipements de l’Active, des éléments comme les sièges en cuir noir, un système audio JBL, une caméra frontale, un chargeur de téléphone sans fil ou un pack d’éclairage intérieur.
Un élément commun aux deux finitions est le pack Toyota Safety Sense+. Il comprend notamment le régulateur de vitesse adaptatif, le détecteur d’angle mort, la reconnaissance des panneaux de signalisation, le système de précollision avec détection des piétons ou les projecteurs adaptatifs avec feux de jour LED.
Les prix sont désormais connus : pour acquérir une Toyota GR Supra en finition Active, il faudra débourser 69 900 euros, avec en plus 4 ans d’entretien entièrement gratuit. Si cette option ne vous convainc pas, la marque propose une location longue durée avec une mensualité de 1 250 euros pendant 48 mois. Les livraisons de la nouvelle sportive japonaise débuteront à partir du mois d’octobre de cette année.
En conclusion, la Toyota GR Supra n’est pas une voiture bon marché, comme le prouve le fait que la marque prévoit d’en vendre entre 40 et 50 unités par an. Pourtant, ce type de voiture n’est pas un achat rationnel, mais plutôt passionnel : elle possède une esthétique envoûtante, elle est terriblement amusante et elle vous dessinera un sourire aux lèvres similaire à celui que vous offrira une Porsche 911. Si on la compare à celle-ci, le prix de la nouvelle Supra est de moitié, donc si on le voit sous cet angle, elle est bon marché. Et vous, qu’en pensez-vous ?
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