Confiscation de voitures par le juge : une bonne leçon pour tous ou plus d'éducation

Hier a été publiée la plus récente réforme du Code pénal qui donne aux juges le pouvoir de confisquer la voiture d’un conducteur ayant commis une infraction grave ou en état de récidive, à l’appréciation de Votre Honneur. Cependant, la loi n’indique pas exactement quelles sont les circonstances aggravantes qui amèneraient le juge à prendre une telle décision, et certaines associations d’automobilistes craignent que la loi laisse la voie libre à la confiscation dans presque toutes les condamnations pour délits contre la sécurité routière.
Par ailleurs, le nouveau code prévoit que les peines de prison, les amendes et les travaux d’intérêt général seront des alternatives équivalentes pour tout juge, et qu’il sera obligatoire de se soumettre à des tests de dépistage de drogue par salive ; et qu’en cas de refus du conducteur de les passer, les peines de prison et de suspension du permis de conduire pourront aller jusqu’à 1 an et 4 ans, respectivement.
Toute cette disproportion entrerait en vigueur au mois de décembre, une période très propice à ce que quelques conducteurs perdent leur permis, aillent en prison et, par-dessus le marché, perdent leur voiture. Idéal pour « Manolo García », qui rentre chez lui avec sa famille après avoir bu un ou deux verres de vin dans la nuit du 25 décembre (le reste de l’année, Manolo a respecté toutes les lois et a été un bon citoyen), alors que tout autre personnage influent, fonctionnaire de second rang ou fils de bonne famille, se moquera de la loi, comme cela a toujours été le cas et le sera, pour ne pas perdre sa voiture de 80 000 euros. Cette réforme sera-t-elle aussi pour eux ?
Des lois qui ne seront pas appliquées de manière exceptionnelle, puisque les critères de chaque juge sont différents et qu’on leur laisse effectivement bien plus de liberté pour que les peines soient exagérées. La vérité est que j’ai toujours défendu l’application du code de la route, parce que c’est tout simplement la loi. Mais le plus grave aujourd’hui, c’est que on continue de voir que les codes et les amendes se durcissent, alors que personne ne mise sur l’éducation.
Quand une campagne nationale d’éducation routière, obligatoire, dans tous les collèges ? Les gens ne prendront pas davantage conscience avec plus de coups de bâton, mais avec davantage d’éducation. Dans d’autres pays, on apprend à conduire pratiquement dès l’enfance et l’on sait parfaitement ce qu’il faut faire avec un volant en main. En Espagne, il n’existe pas de culture automobile, parce que personne (ou très peu de gens) ne nous l’a enseignée.
Source | El Mundo
Photo | Circula seguro
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