Essai de la Ford Ranger 3.2 TDCi Wildtrak 200 CV, robustesse sans rien sacrifier

Au mois de mai dernier s’est déroulé le Rallye du Portugal 2016, un événement que, comme il se trouve près de chez nous, nous voulions suivre en personne, comme c’est devenu une habitude. Cette année, le protagoniste était le nord du pays voisin, avec des zones en pleine montagne qui exigeaient un véhicule capable pour accéder aux différents endroits, ou même à ceux moins connus ou aux accès plus simples.
Face à cette situation, nous avons décidé de tester un pick-up et, parmi la petite liste de modèles encore présents sur le marché, nous avons choisi celui du constructeur américain. Justement cette année, Ford a lancé la nouvelle génération du Ranger, avec des changements importants et un design au pur style américain qui attire l’attention partout où il passe, d’autant plus s’il s’agit de la finition Wildtrak qui couronne la gamme avec un équipement et une finition exclusifs, où l’orange est le protagoniste. Nous avons donc pris le volant d’un Ford Ranger avec moteur diesel 3.2 TDCi de 200 CV et transmission 4×4.
Design extérieur : ADN américain sur toute la ligne

La robustesse de son design nous rappelle la légendaire Ford F-150. Tous les détails de l’extérieur sont très travaillés pour offrir un aspect imposant à ce pick-up. La face avant est conçue dans le pur style américain, avec une grande calandre noire qui contraste avec la couleur de la carrosserie, et de chaque côté des projecteurs halogènes de petite taille mais à l’éclairage correct.
Sur la ligne latérale se distingue la carrosserie séparée de la benne arrière, les énormes jantes en alliage de 18 pouces, dimensionnées pour un usage off-road, puisqu’elles « chaussent » des pneus Continental Cross Contact en 265/60 R18. Une prise d’air latérale porte l’inscription qui fait référence à la cylindrée 3.2 de son moteur diesel cinq cylindres. Autre élément pratique pour monter à bord, mais gênant en off-road : les marchepieds latéraux.
À l’arrière, se détache le nom du modèle en grand sur tout le hayon, et les marchepieds du pare-chocs, renforcés pour supporter un poids plus important. Juste sous l’ovale de Ford se trouve la caméra de recul, très pratique pour se garer ou manœuvrer avec ce pick-up.
Benne arrière : la praticité d’un pick-up

La benne arrière de notre unité était totalement découverte, mais on peut en option installer un rideau métallique qui permet de protéger les affaires et objets déposés à l’arrière. La benne dispose d’une prise 12V totalement étanche et de plusieurs crochets pour attacher tout type d’arrimage et transporter la charge en toute sécurité. Autre détail pratique : le hayon de la benne supporte jusqu’à 200 kg (soit par exemple deux personnes assises). Le matériau du fond et des côtés de la benne est un plastique dur, qui supporte très bien l’usage ; il se nettoie simplement à l’eau et résiste aux rayures et aux marques.
Design intérieur : comme une voiture de tourisme

Après un petit saut pour accéder à l’intérieur du Ranger, une fois au volant, la différence avec une voiture de tourisme est inexistante (hormis la hauteur). Le design de la planche de bord est sobre, avec des matériaux plastiques (dans certaines zones, on utilise même du cuir avec des coutures orange). Au centre se trouve l’écran tactile de 8 pouces qui contrôle toute la partie multimédia et le système de navigation. Nous avons particulièrement apprécié l’instrumentation, très complète et en couleur, avec deux zones distinctes qui informent sur l’ordinateur de bord et les systèmes de sécurité, et à droite sur les données de navigation ou multimédia.
Les sièges de cette version sont oranges, en tissu et cuir, un orange que l’on retrouve aussi sur les coutures de l’accoudoir central. La position de conduite est nettement surélevée, avec le volant assez vertical (à quoi il faut s’habituer), et une bonne visibilité, aussi bien à l’avant qu’sur les côtés et à l’arrière. Le maintien latéral est correct et, lorsqu’on roule longtemps ou qu’on s’aventure sur une piste hors asphalte, le rembourrage est confortable.
Il existe trois types de carrosserie pour le Ranger : la cabine simple (2 places), la Super Cab (quatre places avec deux petites portes à ouverture inversée par rapport aux conventionnelles) et la double cabine à quatre places avec portes conventionnelles. Nous avons testé la seule carrosserie disponible pour la version Wildtrack, c’est-à-dire la double cabine, avec de larges places arrière où il y a largement assez de place pour les pieds et la tête, à la hauteur d’une berline.

Aux places arrière, on trouve deux prises : une classique de 230V/150W et une de 12V. Il y a aussi deux grands compartiments sous les sièges arrière, idéaux pour ranger des outils, ainsi que de grandes boîtes à gants dans les portes arrière. Il existe également un petit espace derrière les dossiers des sièges arrière, où sont rangés le cric et les triangles, et où peut entrer n’importe quel objet fin (une petite pelle, par exemple, ou tout autre outil).
Moteur et performances : 200 CV avec beaucoup de force

La gamme de moteurs du Ranger comprend deux motorisations : un 2.2 TDCi de 160 CV et un 3.2 TDCi de 200 CV. Ce dernier n’est disponible qu’avec la finition Wildtrack. Toutes les motorisations sont associées à la transmission intégrale.
Quand on regarde sur le papier la fiche technique de ce Ford Ranger, avec son moteur 3.2 TDCi de 200 CV, on comprend tout de suite qu’on ne parle pas des mêmes 200 CV que ceux d’une sportive ou d’une berline, par exemple. Son puissant et robuste moteur diesel s’accorde avec l’esthétique et la mise en scène du Ranger Wildtrack.

Il s’agit d’une motorisation performante, avec un couple élevé de 470 Nm qui facilite l’usage off-road et propulse avec vigueur les 2,2 tonnes du Ranger. La réponse est très bonne dès les bas régimes ; dès 1 500 tr/min, il pousse déjà fort, la poussée étant particulièrement puissante entre 2 500 et 3 000 tr/min. Le son du moteur est lui aussi en accord avec l’allure rustique du Ranger : au ralenti, c’est un son rauque mais normal, tandis qu’au-delà de 3 000 tr/min on a la sensation de conduire une Ford F-150, car le son devient extrêmement fort.
Ce moteur est associé à une boîte de vitesses manuelle à six rapports aux étagements courts, en particulier la première et la deuxième, destinées à l’usage off-road. La direction est plus ferme que la moyenne mais n’est pas gênante lors des manœuvres, tandis que le système de freinage remplit sa fonction de façon remarquable et arrête, dans presque toutes les situations et avec vigueur, le poids et la taille impressionnants du Ranger.
Comportement : 4×4 mais confortable

Le premier décor où nous avons conduit le Ford Ranger était une autoroute (à 90 km/h maximum, selon sa fiche technique), et sur ce type de route nous avons particulièrement apprécié le confort qu’il dégage. L’insonorisation est plus que correcte, au-dessus de la normale pour un pick-up, avec des niveaux de confort toujours satisfaisants. Ses 200 CV ne en font pas une sportive, mais pour un dépassement ou une insertion, ils sont un bon allié (sans attendre de miracles, car la voiture pèse ce qu’elle pèse et a les dimensions qu’elle a).
Sur route , il conserve un niveau de confort notable. Cela dit, ce n’est pas le meilleur véhicule pour gravir un col de montagne ou pour les zones de virages rapides, où il faut jouer en permanence avec la boîte de vitesses, sans oublier son système de suspensions (lames à l’arrière, par exemple) , ce qui exige une grande finesse au volant si l’on se lance dans une conduite sportive, même si, évidemment, ce n’est pas la fonction recherchée par les Américains. Si vous voulez aller prendre un café sur la Gran Vía de Madrid, ce ne sera pas le véhicule le plus pratique (malgré la caméra de recul et les capteurs de stationnement), mais vous verrez tout le monde de haut (sa bonne visibilité frontale et latérale, grâce à sa hauteur, vous le permet) et vous attirerez l’attention comme si vous conduisiez une puissante sportive. Curieusement, la consommation n’augmente guère en ville par rapport à la moyenne sur route.
Comportement off-road

C’est dans ce domaine que le Ranger prend tout son sens : c’est l’un des pick-ups les plus capables pour franchir tout obstacle là où l’asphalte ne va pas. Sur le plan technique, il dispose d’un système de transmission intégrale avec réducteur (sélectionné depuis une commande sur le tunnel central), ainsi que d’un contrôle de descente et d’un contrôle de traction amélioré pour l’usage off-road.
Parmi les données à souligner figurent les 3 500 kg qu’il peut remorquer (l’un des meilleurs chiffres du marché) ou les 800 mm de profondeur de gué, ainsi qu’une garde au sol de 230 mm, un angle d’attaque de 28 degrés et un angle de sortie de 25 degrés, chose que peu de pick-ups ou de 4×4 peuvent égaler. Il existe aussi un pack off-road en option, qui ajoute un différentiel arrière bloquable et une protection supplémentaire du dessous de caisse, de la transmission et du réservoir de carburant, afin de rouler en toute sécurité dans les zones difficiles.

Notre premier test intensif a eu lieu sur l’un des accès au Rallye, une piste de montagne avec les pierres et les ravines typiques creusées par l’eau, où le Ranger est passé sans problème, même en mode 4×2. Le parcours se compliquait lorsqu’il a fallu traverser un coupe-feu : là, il a fallu enclencher la transmission, mais pas le réducteur, et nous avons été agréablement surpris par la facilité avec laquelle il franchissait tout type d’obstacle (limitée seulement parfois par les marchepieds latéraux, qui réduisent la garde au sol). Dans les zones de rochers et de grosses pierres, avec de la patience et le réducteur, le Ranger parvenait à passer sans plus de difficultés.
Consommations
La consommation moyenne du Ranger était de 9 litres aux 100 km. Elle pouvait descendre à 8,5 litres aux 100 km sur autoroute, sur le trajet Madrid > Vigo > Madrid, et même jusqu’à 8 litres aux 100 km sur route, à condition d’être très prudent sur l’accélérateur et que le relief s’y prête. En revanche, en ville, elle ne descendait guère sous 9,5-10 litres aux 100 km dans les différents essais réalisés.
Équipement : sans rien sacrifier

Dans nos analyses, nous commençons toujours l’examen de l’équipement par la section sécurité, c’est-à-dire les éléments de sécurité de série du Ranger. Dès la finition de base, il comprend : airbags frontaux, latéraux, rideaux et même airbag genou pour le conducteur, contrôle de stabilité, antipatinage, aide au démarrage en pente, contrôle de la pression des pneus, entre autres. Les essais de choc Euro NCAP n’ont pas été réalisés sur cette dernière génération, mais sur la précédente, de 2012, qui avait obtenu cinq étoiles, et il est fort probable que la version actuelle les conserve (notamment grâce à la sécurité qu’elle offre et au grand nombre d’aides à la conduite).
L’équipement complet disponible, de série ou en option, s’apparente davantage à celui d’une voiture de tourisme qu’à celui d’un pick-up, avec des éléments comme le régulateur de vitesse adaptatif, plus typique du segment premium. L’équipement est structuré en quatre niveaux : XL, XLT, Limited et Wildtrack.

L’unité que nous avons testée était une Wildtrack, c’est-à-dire le niveau d’équipement le plus complet de la gamme. Parmi les éléments à souligner : système de navigation tactile (8″) avec commande vocale, prise USB et connexion Bluetooth, éclairage d’ambiance à sept couleurs, climatisation bizone, jantes en alliage de 18 pouces, sellerie mixte tissu et cuir, entre autres. En option est disponible un pack sécurité (1 010 euros) qui ajoute des éléments inédits sur un pick-up : reconnaissance des panneaux de signalisation, régulateur de vitesse adaptatif avec alerte de distance, feux de route automatiques et alerte/assistant de franchissement involontaire de ligne.
Je ne regrette que, avec tout cet équipement, l’absence de feux xénon et un système audio plus en accord avec le prix final, car ses quatre seuls haut-parleurs se révèlent juste corrects pour une qualité sonore satisfaisante.
Prix

Il est toujours recommandé de se renseigner auprès du concessionnaire officiel le plus proche, car il existe des remises ponctuelles, et le prix peut varier selon le titulaire de l’immatriculation (particulier, entreprise ou indépendant) :
- 2.2 TDCi 160 CV 4×4 XL Cabine simple 27 100 euros
- 2.2 TDCi 160 CV 4×4 XL SuperCab 27 600 euros
- 2.2 TDCi 160 CV 4×4 XL Double cabine 29 100 euros
- 2.2 TDCi 160 CV 4×4 XLT Double cabine 30 600 euros
- 2.2 TDCi 160 CV 4×4 Double cabine Limited 33 600 euros
- 3.0 TDCi 200 CV 4×4 Wildtrack Double cabine 36 600 euros
Avis et évaluation personnelle

Un pick-up pour le quotidien ? Eh bien… ce n’est pas si absurde. C’est peut-être le meilleur résumé de l’essai de la Ford Ranger que nous avons réalisé chez Highmotor. Dès le début de l’essai, j’avais l’idée que les pick-ups étaient des véhicules rudes et de travail, inadaptés au quotidien. Il est vrai que le Ranger existe en version purement professionnelle, mais celle que nous avons essayée, la Wildtrack, a un comportement si confortable et un équipement si complet qu’on ne regrette rien par rapport à ce que peut offrir une berline ou un SUV, même si conduire le Ranger procure une émotion que ni une berline ni un SUV ne peuvent offrir.
Si vous voulez en acheter un, il faut aimer l’univers 4×4 (et en tirer parti), car c’est là son principal argument. Aujourd’hui, il reste peu de 4×4 purs ou aux capacités réelles hors des pistes, là où un véhicule haut passe sans difficulté. Lors de notre essai, nous avons constaté qu’il n’existe presque aucun type de terrain qui résiste au Ranger et à son efficace système de transmission intégrale. Sur route asphaltée, c’est une voiture confortable, avec un excellent confort à bord (l’un des meilleurs pick-ups sur ce plan) et qui ne renonce pas aux équipements de confort propres à d’autres segments. Cela dit, nous ne pouvons pas ignorer que sa fiche technique indique qu’il ne peut dépasser 90 km/h sur autoroute.
En résumé, il possède des capacités off-road, de traction et de remorquage exceptionnelles, son design impressionne et attire l’attention, le confort à bord est plus que notable et l’équipement relève davantage d’un segment premium. Ainsi, pour ceux qui recherchent un 4×4 différent et efficace, sans renoncer au confort, le Ford Ranger est une alternative à considérer.
Galería de fotos -
Ford Ranger Wildtrack
Photos | Équipe d’essai
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